Démission du PDG de Faurecia mis en cause dans une affaire de corruption

Le Président directeur-général de l'équipementier automobile français Faurecia, Pierre Lévi, mis en cause dans une affaire de corruption en Allemagne, a démissionné et a été remplacé par un tandem provisoire, a annoncé mercredi la société à l'issue d'un conseil d'administration.

(afp) M. Lévi, 51 ans, a expliqué sa démission par "l'évolution des enquêtes menées actuellement en Allemagne" et sa volonté de "préserver au mieux l'intérêt de la société".

A la tête de Faurecia depuis mai 2000, il tire les conséquences des remous provoqués par l'annonce vendredi dernier par le parquet de Francfort d'une enquête sur le versement de pots-de-vins de Faurecia à des cadres des constructeurs allemands Volkswagen et Audi.

En attendant la nomination d'un nouveau président exécutif, "qui interviendra courant septembre", le conseil d'administration de Faurecia a nommé Jean-Claude Hanus, président du conseil d'administration, et Frank Imbert directeur général par intérim, selon le communiqué de Faurecia.

M. Imbert, directeur financier de Faurecia depuis 2005, dirigera de fait cette filiale de PSA Peugeot Citroën, alors que M. Hanus, directeur juridique de PSA depuis janvier 2000, exercera des fonctions non-exécutives, a-t-on indiqué au groupe.

Selon le parquet de Francfort, Pierre Lévi a avoué être informé depuis 2001 de ces pratiques de pots-de-vin, qui visaient à obtenir des contrats en Allemagne, mais il a nié avoir participé directement à ces agissements.

L'octroi de pots-de-vin à des cadres de Volkswagen et d'Audi aurait été mis au point dès 1998 au sein de l'équipementier français Sommer Allibert, racheté en 2001 par Faurecia, selon le parquet de Francfort.

Parallèlement, le parquet de Munich enquête sur quatre cadres de Faurecia, également soupçonnés d'avoir versé des pots-de-vin, mais cette fois-ci à des dirigeants du constructeur de voitures haut de gamme BMW.

Le patron de Volkswagen, Bernd Pischetsrieder, avait adressé au PDG de PSA Peugeot Citroën, Jean-Martin Folz, un courrier dans lequel il aurait demandé indirectement le départ de M. Lévi. Selon la presse allemande, M. Pischetsrieder y avait indiqué que VW ne souhaitait plus coopérer avec M. Lévi.

PSA Peugeot Citroën souhaite que "toute la vérité soit faite" sur les soupçons de corruption pesant sur Faurecia, avait déclaré M. Folz fin juillet.

Faurecia revendique la place de deuxième équipementier automobile européen et de neuvième mondial. Le groupe, qui a réalisé 11 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2005 et emploie 60.000 personnes à travers le monde, fournit des sièges automobiles, des systèmes d'échappement, des tableaux de bord et des panneaux de portes à la quasi totalité des grands constructeurs automobiles mondiaux.

(photo belga)

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés