EADS pâtira des soucis d'Airbus malgré de bons résultats

EADS, la maison mère d'Airbus, qui souffre depuis des mois de la crise industrielle de sa filiale, a averti jeudi que ses comptes 2006 pourraient pâtir de charges liées à la modification de l'A350 et aux retards de l'A380, malgré des résultats semestriels en hausse.

Noël Forgeard, le PDG sortant d'EADS - Photo Belga

(afp) - Le groupe européen d'aéronautique et de défense a dégagé au premier semestre un bénéfice net en hausse de 5% à 1,04 milliard d'euros et un bénéfice d'exploitation (EBIT) en progression de 6% à 1,63 milliard, notamment grâce à des livraisons d'Airbus en hausse.

Le chiffre d'affaires a lui progressé de 18% à 18,98 milliards.

Mais, EADS a légèrement revu à la baisse sa prévision d'EBIT pour 2006 à 3,2 milliards d'euros, dans le bas de la fourchette fixée auparavant.

En tête des programmes à problèmes: le nouvel A350, présenté en grande pompe la semaine dernière au salon aéronautique de Farnborough (Grande-Bretagne), après son retour sur la planche à dessin suite à des critiques de clients.

La renégociation de commandes du projet initial par les compagnies aériennes pourrait "donner lieu à des charges non récurrentes", estime EADS, sans les chiffrer. Il pourrait en effet être tenté d'accorder des réductions à ses clients pour compenser des retards de livraisons de l'A350.

EADS estime aussi que l'accélération de la production de l'avion géant A380 pour combler les retards pourrait conduire à "des dépenses supplémentaires", avec "des conséquences possibles sur les autres programmes".

Mais ces annonces, sans surprise pour le marché, n'ont pas fait baisser le titre qui à 12H45 GMT, était en légère hausse de 0,71% à 21,27 euros à la Bourse de Paris, dans un marché en hausse de 0,73%.

EADS avait de surcroît déjà indiqué en juin que les retards de l'A380 amputeraient son EBIT de deux milliards d'euros entre 2007 et 2010. Des annonces qui avaient provoqué un effondrement du titre en Bourse, avec en outre le départ de son co-président Noël Forgeard, plongé dans un scandale financier.

Autre sujet d'inquiétude cependant: la Sogerma, dont les pertes, supérieures aux prévisions, ont atteint 165 millions d'euros au premier semestre.

EADS souligne que l'issue du plan de restructuration "n'est pas définitive", laissant entendre que l'impact pourrait être plus important que prévu.

Pour 2006, la Sogerma devrait amputer le bénéfice d'exploitation de 350 millions d'euros maximum, a estimé le nouveau coprésident Louis Gallois.

Par ailleurs, l'objectif de 1,5 milliard d'euros d'économies d'ici fin 2006 ne devrait pas être atteint, a laissé entendre le directeur financier, Hans-Peter Ring.

Mais EADS entend se sortir de la crise. Le groupe a maintenu sa prévision d'un chiffre d'affaires 2006 en hausse, à plus de 37 milliards d'euros, et table sur un "niveau record" de 430 avions livrés par Airbus cette année.

"Nous avons reçu des retours extrêmements positifs des clients concernant l'A350", s'est également félicité M. Gallois. La nouvelle version du long-courrier a reçu vendredi sa première intention d'achat de la part de Singapore Airlines.

M. Gallois a par ailleurs tenté de rassurer le marché, trois semaines après son arrivée à la tête d'EADS. "J'ai récupéré la SNCF avec des pertes et je l'ai quitté avec plus de profits que toutes les autres compagnies ferroviaires en Europe", a-t-il claironné.

Et pour dépendre moins d'Airbus, source de la grande majorité de ses profits, le groupe a réaffirmé sa volonté de progresser dans la défense dont le chiffre d'affaires est ressorti à 4,1 milliards d'euros au premier semestre contre 3,1, un an plus tôt.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés