Eli Lilly: syndicats essaient de mobiliser les autres sites européens

Les représentants du personnel du centre de recherche de Mont-Saint-Guibert (Brabant wallon) du groupe pharmaceutique Eli Lilly se disent très étonnés, voire abasourdis, de l'annonce, faite mercredi matin par la direction, de son intention de fermer le site.

Sans se bercer d'illusions sur les possibilités de faire revenir le groupe sur sa décision à la faveur de la procédure Renault, ils tentent de contacter d'autres sites européens pour sauver des emplois.

Selon un porte-parole du groupe, Eli Lilly entend en effet fermer, outre son centre de recherche de Mont-Saint-Guibert, qui emploie 330 personnes, celui de Hambourg (Allemagne), qui en emploie 150, et son unité de production de Basingstoke, à 80 km de Londres, qui compte 450 travailleurs.

"Nous nous attendions à une restructuration, c'est certain, mais qui pouvait concerner une cinquantaine ou une centaine de personnes. Pas du tout à la proposition de fermer le site", a expliqué Fabrice Lagneau, délégué CNE.

"La phase de consultation de la procédure Renault va commencer et le dialogue avec la direction devrait assez bien se passer en terme de communication: les contacts sont francs. Mais la période est mal choisie: une partie du personnel va bientôt partir en congé", a-t-il ajouté.

Pas moins de 330 emplois sont menacés à Mont-Saint-Guibert, où Eli Lilly avait installé en 1993 son centre de recherche. Une première restructuration ayant mené en 2001 à la suppression d'un service de conditionnement avait déjà fait perdre 47 contrats à durée indéterminée.

Aucune action syndicale de protestation n'est actuellement prévue. La plupart des travailleurs possèdent des qualifications pointues et d'après les syndicats, ces docteurs, licenciés ou ingénieurs qui représentent deux tiers du personnel pourraient retrouver un emploi sur le marché du travail.

Mais il y a aussi des situations plus problématiques. La phase de consultation de la loi Renault - que la direction souhaite entamer le plus rapidement possible - doit en principe servir à formuler des propositions pour éviter la fermeture pure et simple du site de Mont-Saint-Guibert. Mais les représentants du personnel ne cachent pas leur scepticisme.

"Quand une multinationale américaine prend une telle décision, il est tout de même peu probable qu'on parvienne à la faire changer d'avis", estime le délégué du syndicat chrétien.

Une première réunion est prévue dès lundi prochain pour répondre aux premières questions du personnel. Les syndicats souhaitent cependant que la phase de consultation proprement dite commence plus tard, idéalement à la mi-août, quand un maximum de travailleurs seront présents pour participer aux discussions et prendre les décisions.

En attendant, les syndicats ont déjà pris contact avec les autres sièges du groupe en Europe pour réagir au niveau du conseil d'entreprise européen. L'objectif étant de pouvoir proposer des synergies entre implantations pour sauver.

Photo: Belga

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