Endesa affiche un bénéfice net nettement supérieur aux prévisions

(afp) Le premier opérateur électrique espagnol Endesa, convoité par l'Espagnol Gas Natural et l'Allemand E.ON, a annoncé mardi un bénéfice net au premier semestre en hausse de 84% sur un an, à 1,756 milliard d'euros, nettement supérieur aux prévisions des analystes. Des analystes consultés par l'agence financière AFX tablaient sur un résultat net compris entre 1,052 et 1,555 milliard d'euros. Le résultat net d'Endesa a surtout explosé en Amérique latine (+165%), augmentant de 42% en Espagne et au Portugal et de 77% dans le reste de l'Europe, selon un communiqué remis à l'autorité boursière espagnole (CNMV). L'excédent brut d'exploitation (EBITDA) a progressé de 33% à 3,762 milliards d'euros, également supérieur aux prévisions des analystes qui oscillaient entre 3,206 et 3,510 milliards d'euros. Le résultat d'exploitation (EBIT) a augmenté de 46% à 2,871 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires s'est élevé à 9,946 milliards d'euros, en hausse de 20% sur un an. "Sur la base de ces excellents résultats", Endesa a revu à la hausse ses objectifs. L'électricien espagnol table sur un EBITDA de 8,33 milliard d'euros en 2009, contre 7,5 milliard EUR dans le plan stratégique initial. Endesa prévoit ainsi une hausse des dividendes à ses actionnaires qui s'élèveront à 9,9 milliards d'euros pour la période 2005-2009 (9,35 euros l'action) contre les 7,5 milliards annoncés en octobre 2005, a ajouté la compagnie dans un communiqué.

Après l'annonce de ces résultats, le titre de l'action Endesa à la Bourse de Madrid baissait de 0,53% à 08H24 GMT, alors que l'indice Ibex-35 était stable, à -0,02%. La publication des résultats semestriels du premier électricien espagnol intervient alors que le régulateur espagnol de l'énergie, la CNE doit rendre jeudi ou vendredi un verdict très attendu sur l'offre de rachat d'Endesa par le géant énergétique allemand E.ON pour 29,1 milliards d'euros. La CNE doit se prononcer sur un document de son rapporteur, Jorge Fabra, qui préconise, selon les médias espagnols, de donner un feu vert à l'opération d'E.ON en l'assortissant de conditions très restrictives et dissuasives. Selon El Pais, le rapport Fabra préconise d'exiger d'E.ON qu'elle vende dans un délai de huit mois sa filiale gazière Rurhgas, en invoquant la nécessité de garantir l'approvisionnement stratégique en gaz de l'Espagne, comme l'avait fait le gouvernement allemand en autorisant en 2002 la fusion d'E.ON avec Ruhrgas contre l'avis du tribunal de la concurrence allemand. Le gouvernement socialiste espagnol a engagé un bras de fer avec la Commission européenne en tentant de freiner l'OPA d'E.ON au nom de la défense des intérêts stratégiques de l'Espagne en matière d'énergie et de sa volonté de voir émerger un champion national capable de lutter à l'international.

Madrid soutient l'OPA préalable et concurrente du groupe gazier catalan Gas Natural sur Endesa (22,5 milliards d'euros), qui s'y oppose farouchement. Mais la bataille pour le rachat d'Endesa s'est enlisée dans une bataille judiciaire sans précédent en Espagne. La suspension de l'OPA de Gas Natural sur Endesa par le Tribunal suprême espagnol, empêche en effet par ricochet le déroulement jusqu'à son terme de l'offre de E.ON, quel que soit l'avis que rendra la CNE. Le gouvernement espagnol, avait renforcé par un décret-loi les pouvoirs de la CNE, dont l'avis est contraignant en Espagne, juste après l'annonce par E.ON de son projet d'OPA, alimentant des soupçons de protectionnisme. La Commission européenne a lancé début mai une procédure d'infraction contre le gouvernement espagnol estimant que son décret-loi sur les pouvoirs de la CNE allaient à l'encontre des règles du marché unique européen.

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