Eurotunnel voudrait signer un partenariat commercial avec la SNCB

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L'Echo a posé quelques questions à Jacques Gounon, patron d'Eurotunnel. L'entreprise qui a vu ses comptes repasser dans le vert en 2007 pourrait signer un partenariat commercial avec la SNCB.

  • Après avoir frôlé la faillite, Eurotunnel revient dans le vert. Comment avez-vous réussi ce redressement?

Le nouvel Eurotunnel a gardé de l’ancienne société tout ce qui avait de bon. Je pense en particulier au résultat opérationnel performant. A l’inverse, nous avons mis de côté tout ce qui était mauvais comme la moitié de la dette. C’est ce double effet qui permet d’avoir un départ positif pour le nouvel Eurotunnel. Et les perspectives sont positives. Les résultats du premier trimestre sont très bons.

  • La base n’est-elle pas encore un peu fragile?

Il faut bien se dire que l’Eurotunnel d’aujourd’hui est une nouvelle société. Le nom est le même mais pour le reste, tout est différent. On gagne deux fois plus que ce que nous devons rembourser pour notre dette.

  • Mais en promettant un dividende aux actionnaires, vous n’avez pas l’impression de brûler les étapes?

Non, ce n’est pas avancer trop vite.
On suit notre plan de marge. Celui-ci a même été revu à la hausse. Et sur le terrain, les signes montrent que cette tendance va continuer. Le 13 mars dernier, par exemple, nous avons enregistré le résultat record de 6.800 camions transportés sur une journée.

  • Quel est aujourd’hui le talon d’Achille de la société?

Honnêtement, je n’en vois pas. Nous avons la chance de recevoir le péage de l’Eurostar qui est en pleine croissance. Le talon d’Achille, nous l’avons déjà vécu. L’avenir est rose.

  • Quelle stratégie comptez vous mettre en place pour conforter la croissance?

Certainement accentuer le développement et les alliances. Eurotunnel a pris beaucoup de retard avec ses ennuis financiers. Aujourd’hui, il faut le rattraper et regarder l’avenir. Je pense en particulier à notre filiale de fret ferroviaire qui avait été bloquée par les créanciers. Je me sens aujourd’hui suffisamment crédible pour aller voir le patron de la SNCB et lui proposer un partenariat commercial.

  • Mais la charge financière n’est-elle pas un frein aux ambitions?

Elle représente 225 millions d’euros par an. C’est la moitié de notre profit opérationnel.

Propos recueillis par François-Xavier Lefèvre

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