Francfort veut convaincre Euronext de fusionner et écarte une OPA hostile

Le patron de Deutsche Börse, Reto Francioni espère toujours arriver à convaincre les actionnaires de la Bourse paneuropéenne Euronext de fusionner avec son groupe, mais écarte l'hypothèse d'une OPA hostile.

(AFP) M. Francioni, pris de court par l'annonce le mois dernier d'un accord en vue d'une fusion entre Euronext et la Bourse de New York (New York Stock Exchange, Nyse), ne lâche plus son bâton de pèlerin et multiplie les rencontres pour convaincre actionnaires, utilisateurs de la Bourse paneuropéenne et responsables politiques du bien-fondé de son projet. "La combinaison d'Euronext et de Deutsche Börse créera un champion du secteur qui ne sera pas limité à la zone euro mais pourra rivaliser avec ses concurrents au niveau mondial", a-t-il martelé mercredi au cours d'une rencontre avec des journalistes à Paris. Euronext rassemble les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne, plus le marché à terme Liffe à Londres, tandis que Deutsche Börse regroupe la Bourse de Francfort, le marché à terme Eurex et la chambre de règlement-livraison et de compensation luxembourgeoise Clearstream. Le président français Jacques Chirac et le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet ont exprimé récemment leur préférence pour un rapprochement à l'européenne, plutôt qu'un mariage transatlantique. "Nous sommes convaincus que notre proposition créerait à long terme une valeur supérieure pour tous les actionnaires y compris ceux d'Euronext", même si son prix est pratiquement le même que celui du Nyse (environ 65 euros par action), fait valoir le président du directoire du groupe allemand. Mais sa marge est très étroite, et son temps compté alors qu'Euronext doit tenir dans les mois qui viennent une assemblée générale pour valider sa fusion avec le Nyse. Ses dernières propositions informelles, encore améliorées le 19 juin, ont été rejetées en bloc par Euronext. Par ailleurs M. Francioni a révélé que la direction de la plateforme paneuropéenne avait rompu toutes les discussions avec son groupe depuis ses fiançailles avec le Nyse fin mai, malgré la douzaine de rencontres qui s'étaient déroulées auparavant.

M. Francioni estime avoir fait le maximum en termes de propositions et ne voit donc aucune raison de relever son offre. "Nous sommes allés très loin et nous avons atteint les limites" de ce que nous pouvions faire, a-t-il réaffirmé mercredi, en excluant par ailleurs le lancement d'une OPA hostile sur la Bourse paneuropéenne même si son groupe échouait à la convaincre d'un rapprochement amical. "Nous aurions pu faire une offre hostile l'année dernière, n'importe quand, mais cela n'aurait pas été approprié", a-t-il déclaré. "Si nous agissions de manière hostile, cela ne serait pas bon", a-t-il ajouté, en espérant que les actionnaires d'Euronext se rangeront à ses arguments et contraindront le groupe à réexaminer son offre. M. Francioni a précisé avoir rencontré Henri Lachmann, le patron de Schneider Electric chargé d'examiner les conséquences de la concentration du secteur boursier européen pour la place financière de Paris, et qu'il consultait tous les acteurs concernés, y compris des élus. "Notre proposition révisée a reçu un large soutien", notamment "de personnalités politiques européennes et de représentants de banques et d'émetteurs français", a-t-il assuré, tout en se refusant à les identifier. "Nous continuerons à recueillir leurs réactions et en fonction, nous déciderons" de la suite, a dit M. Francioni. Contacté par l'AFP, le groupe paneuropéen n'a pas réagi aux déclarations de M. Francioni.

(Reto Francioni, CEO Deutsche Börse - Photo: Belga)

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