Ghosn et Wagoner se rencontrent pour parler d'un mariage à trois

Les patrons de General Motors, Rick Wagoner, et de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, devaient se rencontrer vendredi à Detroit (Michigan, nord) pour étudier un rapprochement entre les trois constructeurs automobiles, qui représenterait la plus grande alliance du secteur.

(afp) General Motors, le premier constructeur mondial, a son siège à Detroit, la capitale américaine de l'automobile. L'heure de la rencontre variait selon les sources, allant de la matinée jusqu'à la fin de l'après-midi.

Très attendue depuis le coup de théâtre orchestré il y a deux semaines par le milliardaire américain Kirk Kerkorian, principal actionnaire individuel de GM avec 9,9% du capital, cette première rencontre entre les deux patrons a été qualifiée des deux côtés de "première étape" destinée à aborder les grandes lignes du projet et ses mérites potentiels.

"Une seconde étape sera de convoquer nos experts pour étudier la faisabilité du projet", a indiqué jeudi M. Ghosn sur CNBC, en espérant une décision "d'ici la fin de l'année".

Ces derniers jours, les deux parties n'ont cessé de paver la voie à cette réunion, affichant via les médias une bonne volonté mélangée à la prudence tenant du fait que Rick Wagoner n'est pas à l'origine du projet.

L'idée d'un ménage à trois a été lancée par Kerkorian qui, à 89 ans, est déterminé à faire pression sur la direction de GM pour imposer ses vues. Selon certains observateurs, le milliardaire, aidé de son représentant au Conseil d'administration Jerome York, a secrètement rencontré Ghosn à la mi-juin pour lui soumettre le projet.

Une telle opération permettrait d'accélérer le redressement du constructeur américain, estime Kirk Kerkorian qui n'est pas satisfait des progrès de la restructuration lancée à l'automne dernier par Rick Wagoner.

Celle-ci prévoit la fermeture de 12 usines et la suppression de quelque 30.000 emplois d'ici 2008, ainsi qu'une évolution de la gamme de modèles pour regagner les parts de marché perdues trimestre après trimestre aux Etats-Unis.

Kirk Kerkorian, échaudé par la perte nette de 10,6 milliards subie par GM en 2005 et la baisse du cours de l'action, souhaitait approcher Ghosn, réputé pour son savoir-faire en restructurations, dans l'espoir de le placer à la direction de GM, ont affirmé certains médias américains.

Mais Carlos Ghosn affirmé qu'il n'est "pas question" de diriger un jour GM alors que Rick Wagoner a qualifié ces rumeurs de "la chose la plus idiote que j'ai entendue".

"Ce qui est en jeu, c'est de bâtir une alliance avec un troisième constructeur", et non de faire un raid déguisé sur GM, a affirmé le patron de Renault-Nissan.

Bien qu'il ait été contourné par son actionnaire trublion, Rick Wagoner a depuis indiqué avoir "hâte de s'asseoir" à la table des discussions et avoir "un esprit ouvert", manifestant son estime pour Carlos eut égard à ce qu'il a accompli chez Nissan et à son expertise dans le secteur.

Une telle alliance permettrait aux trois constructeurs de détenir un quart du marché automobile mondial.

Pour le PDG de General Motors, il est toutefois exclu qu'un tel trio soit dirigé par un seul homme et affirmé que la priorité reste d'achever la restructuration de GM.

Le constructeur américain reste aussi sur une cuisante expérience, son partenariat avec l'italien Fiat s'étant soldé par un fiasco qui lui a coûté deux milliards de dollars.

Outre les synergies possibles (marchés émergents, mis en commun de la production), une alliance aurait des bienfaits pour l'emploi, car "Nissan a besoin de capacités supplémentaires aux Etats-Unis", a fait valoir M. Ghosn.

Il a reconnu que la balle est dans le camp de GM: "Ou bien GM saisit cette opportunité et l'étudie sérieusement. Ou bien on estime que cela ne vaut pas la peine, et on arrête les frais", a-t-il résumé.

photo: belga

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