GM s'apprête à négocier avec Renault-Nissan (update)

Le constructeur automobile américain GM a annoncé vendredi qu'il était d'accord pour entamer des discussions avec le groupe franco-japonais Renault-Nissan en vue d'une alliance éventuelle, tout en faisant preuve d'une certaine mesure.

(afp) "Le conseil d'administration a autorisé la direction à prendre en considération les idées que les deux autres groupes ont, et à étudier les bénéfices potentiels d'une telle alliance, afin d'aider les administrateurs à prendre leur décision", a dit George Fisher, l'un des administrateurs, cité dans un communiqué.

"Nous allons entrer en discussions avec les directions de Renault et de Nissan avec un esprit ouvert", a pour sa part déclaré le PDG de GM, Rick Wagoner, cité dans le même communiqué.

A Paris, le groupe Renault-Nissan a déclaré que "les conditions étaient désormais réunies" pour débuter ces discussions.

La direction de GM, qui n'est pas à l'initiative de ce projet, a fait montre d'une certaine modération en soulignant le caractère "exploratoire" de ces négociations, sachant que les contours d'une telle alliance - achat groupé de composants, mise en commun de la production, participations croisées... - ne sont pas encore connus.

MM. Wagoner et Ghosn devraient se rencontrer prochainement mais aucun calendrier n'a été fixé officiellement. Certains ont évoqué la semaine prochaine. GM a seulement indiqué que Rick Wagoner avait contacté Carlos Ghosn et que les deux dirigeants avaient convenu de se rencontrer "à une date ultérieure".

"GM a beaucoup d'expérience en matière d'alliances", a rappelé Rick Wagoner. "Certaines ont apporté des bénéfices significatifs" au niveau commercial et financier, a-t-il reconnu, mais "étant donné la complexité de toute relation potentielle (avec Renault-Nissan), ce projet doit être étudié avec soin quant à ses avantages avant d'arriver à toute conclusion".

L'idée initiale d'un rapprochement entre les trois constructeurs a été lancée il y a une semaine par l'investisseur milliardaire américain Kirk Kerkorian. Premier actionnaire individuel de GM avec 9,9% du capital, il fait pression depuis plusieurs mois sur la direction de GM pour imposer ses vues sur le redressement du groupe.

Il n'avait toutefois pas au préalable sollicité l'avis de Rick Wagoner, qui à ce jour n'a pas affiché son enthousiasme pour un tel projet, alors que le groupe en est encore aux débuts d'une lourde restructuration en Amérique du Nord.

Le groupe Renault-Nissan avait donné une suite favorable à l'idée de Kirk Kerkorian mais souligné que GM devait aussi être d'accord.

GM a mis en avant la nécessité de faire progresser son plan de restructuration comme argument pour approcher prudemment l'idée d'un rapprochement avec Renault-Nissan. Ce redressement, qui contient aussi des changements de fond dans la stratégie du groupe, est destiné à renouer avec les bénéfices et à regagner des parts de marché en Amérique du Nord.

"Il est crucial pour GM de rester concentré sur la mise en oeuvre de notre plan de restructuration", car celui-ci "reste une priorité de premier ordre", a fait valoir GM.

Plusieurs analystes aux Etats-Unis estiment que les avantages d'une alliance ne sont pas certains pour GM.

La décision de GM "est un geste prudent", estime Dennis Virag, d'Automotive Consulting Group, mais "au final, il n'est pas certain que cela débouche sur un rapprochement". Ces constructeurs "ont tous des problèmes internes significatifs à régler avant de s'occuper de questions extérieures".

GM a perdu 10,6 milliards de dollars l'an dernier mais a réussi à sortir du rouge au 1er trimestre 2006, recueillant les premiers fruits de sa restructuration, qui prévoit la suppression de quelque 30.000 emplois et la fermeture d'une douzaine d'usines.

Photo: Belga

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