KBC et BNP Paribas reprennent le recrutement

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KBC et BNP Paribas Fortis embaucheront tous deux 500 personnes au moins cette année, tandis que Dexia poursuit son dégraissage. Chez Deutsche Bank Belgium, dont la maison mère a traversé sans trop de casse la tempête financière, on prévoit l'embauche en 2010 (comme en 2009) de 70 personnes.

Bruxelles (L'Echo) - Les situations des banques sont  contrastées en matière de recrutement.

Chez KBC, c'est reparti: après un gel des embauches, limitées à 155 fonctions spécialisées depuis le 10 décembre 2008, le groupe flamand a annoncé hier la reprise du processus de recrutement. La banque, qui emploie 14.000 personnes en Belgique, prévoit en 2010 l'embauche de 500 personnes: environ 400 sans ou avec peu d'expérience et une centaine de profils plus spécialisés, dans la gestion et l'analyse de risques notamment, en réponse au contexte de réglementation accrue.
Ces nouvelles recrues remplaceront les départs naturels (1,6% par an) et les nombreux départs à la retraite, qui avoisineront eux aussi le demi-millier.

"Entre fin 2008 et fin 2009, vu le contexte économique, nous n'avons pas remplacé les départs naturels avec pour effet une diminution de 5% de l'effectif, soit environ 725 équivalents temps plein, explique Viviane Huybrecht, porte-parole de KBC Group. En raison du papy boom, nous avons chaque année plusieurs centaines de départs à la retraite. Entre 2005 et 2008, nous avons ainsi embauché entre 500 et 700 personnes par an, soit environ  3.000 équivalents temps plein."
Durant la crise, essuyant quelques trimestres de perte, KBC a choisi de ne pas licencier, mais de limiter la rémunération variable de ses employés.

Chez Deutsche Bank Belgium, dont la maison mère a traversé sans trop de casse la tempête financière, on prévoit l'embauche en 2010 (comme en 2009) de 70 personnes. La banque, qui emploie 700 personnes en Belgique, présente un turnover naturel de 6% à 9%. "La population de la banque est relativement jeune, ajoute Hans Mariën, porte-parole du groupe. Cela dit,  nous comptons chaque année quelques départs en prépension et devons assurer le  'hand-over'." Comme KBC, durant la crise, Deutsche Bank n'a pas licencié, mais limité les bonus.

Autre banque, autre histoire. Pour BNP Paribas Fortis, le nombre d'employés en Belgique se monte à 16.582 équivalents temps plein (contre 17.510 en 2008). Le turnover est de 7% (soit 1.300 personnes par an), "ce qui a été plus que suffisant pour assurer les nécessaires réductions de personnel", note le département RH du groupe.

Le 1er décembre 2009, le groupe a par ailleurs communiqué son plan industriel pour la période allant de fin 2009 à début 2012, avec le recrutement prévu de 1.250 ETP en Belgique: 700 fonctions commerciales et 550 postes dans les centres de compétences.
Chez l'ex-Fortis, le processus d'embauche était gelé depuis deux ans.

"Au moment de la reprise d'ABN Amro, nous ne voulions pas engager, pensant aux talents qu'il y avait à l'intérieur d'ABN?Amro, explique Hilde Junius, porte-parole du groupe. Ensuite est arrivée la crise et le démantèlement de Fortis. Le recrutement s'est poursuivi dans les agences, pour remplacer les départs à la retraite, mais sur une base globale, le recrutement a été gelé. La reprise de Fortis par BNP Paribas en octobre 2008 a été suivie de 8 mois de processus juridique. Quand l'Etat était actionnaire à 100%, nous n'avons pas engagé, sauf besoins spécifiques (780 personnes en 2008 et 750 en 2009). Enfin, la reprise par BNP n'est officielle que depuis mai 2009; les recrutements prévus par le plan industriel sont en cours, même s'il n'est pas possible de dire combien seront effectifs cette année." Plus de 500 en tout cas, glisse le département RH.

Chez Dexia, le temps n'est pas à l'embauche. La direction a annoncé en septembre, dans le cadre du plan 2009-2011, la suppression d'ici 2011 de 445 postes en Belgique, sans licenciements secs. La banque emploie 6.500 salariés en Belgique. Le turnover naturel y est inférieur à 9% et 18% de la population a 50 ans ou plus. "Les départs à la retraite et le non remplacement de certains d'entre eux ont permis de sauvegarder l'emploi au sein du groupe", explique Thierry Martiny. Pour 2010, "Dexia continue de promouvoir la mobilité interne". Depuis septembre 2008, les recrutements externes ont été fortement limités, ajoute-t-il.

Françoise Antoine

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