L'Etat embellit ses comptes de 140 millions via la SNCB

Quelque 140 millions d'euros vont être rapatriés des comptes du groupe SNCB vers le Fonds des Infrastructures Ferroviaires, donc vers l'Etat. Pour combien de temps? Juste le temps de clôturer l'exercice, après quoi ces fonds pourront retourner aux filiales de la SNCB, qui en ont grandement besoin...

Bruxelles (L'Echo) - Il n'y a pas de petit profit. Et pour l'Etat non plus, même s'il ne s'agit que d'user d'artifices pour faire bonne figure.

Ainsi, par voie d'arrêté royal (en l'occurrence celui paru ce lundi au «Moniteur»), quelque 140 millions d'euros vont être rapatriés des comptes du groupe SNCB vers le Fonds des Infrastructures Ferroviaires (FIF), donc vers l'Etat.

Pour combien de temps? Juste le temps de clôturer l'exercice, après quoi ces fonds pourront retourner aux filiales de la SNCB, qui en ont grandement besoin.

«Cette opération s'inscrit dans le cadre d'une plus grande transparence dans les comptes, via une technique utilisée pour la deuxième année consécutive», explique-t-on à la SNCB Holding.

Il s'agit de «dotations non utilisées, notamment du fait de retards dans certains investissements d'infrastructures, par exemple parce que les permis n'ont pas été accordés à temps pour certains travaux», poursuit Philippe Tomberg, porte-parole de la structure faîtière du groupe ferroviaire.

Cette année, le transfert totalise 140 millions d'euros pour les trois filiales (holding, transporteur, Infrabel). Ces montants «retournent à l'Etat via le FIF, puis reviennent au groupe après la clôture de l'exercice, où ils seront bien entendu utilisés», poursuit le porte-parole.

Le FIF a été créé il y a quelques années pour sortir la SNCB de l'impasse, à l'époque où le groupe croulait sous le poids de sa dette historique, notamment due au rachat d'ABX.

Ce véhicule a repris la dette du groupe contre ses actifs d'infrastructures, pour environ 7 milliards d'euros. Il est géré par l'Etat.

Jean-Yves Klein

 

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