L'indien Reliance dit négocier son entrée au capital de Carrefour qui dément

Le conglomérat indien Reliance a affirmé mercredi négocier avec Carrefour son entrée au capital du géant français ou la création d'une société commune mais le numéro deux mondial de la grande distribution, qui connaît des turbulences, a démenti.

(afp) "Les négociations sont à un stade avancé", a annoncé à l'AFP un haut responsable de Reliance, sous couvert d'anonymat. "Cela pourrait être une participation de contrôle, cela pourrait être une société commune. Nous enverrons un communiqué dans un ou deux jours", a ajouté le dirigeant.

"Cela pourrait être une prise de participation dans la société (Carrefour). Nous parlons bien au niveau mondial. Il ne s'agit pas seulement de l'Inde", a-t-il insisté.

Mais selon un communiqué du groupe français reçu à Paris, "la direction de Carrefour dément" cette information. "Carrefour précise qu'il n'entretient aucun contact avec ce groupe (Reliance) et qu'aucune négociation n'est en cours".

Reliance Industries est le premier groupe privé indien en termes de capitalisation boursière. Géant de la pétrochimie, il possède la troisième raffinerie du monde dans l'ouest de l'Inde. Il a aussi lancé fin 2006 des supermarchés dans son pays et a prévu d'investir au cours des prochaines années entre 5,5 et 7 milliards de dollars dans la grande distribution.

Si Reliance parvenait à acheter une part de Carrefour, cela constituerait une nouvelle illustration de l'offensive des entreprises indiennes en Occident, après les acquisitions début 2007 du sidérurgiste européen Corus par Tata Steel et de l'américain Novelis par Hindalco dans l'aluminium.

Dans le même temps, Carrefour cherche depuis des mois à ouvrir des hypermarchés en Inde en s'alliant à un partenaire local.

Fin février, un cadre du numéro deux mondial avait indiqué à l'AFP à New Delhi que son groupe était "proche" d'un accord avec un partenaire indien pour mettre sur pied des magasins dans ce pays.

S'il arrivait à entrer en Inde, le géant français serait le deuxième étranger après que l'américain et numéro un mondial Wal-Mart s'est associé fin 2006 avec le conglomérat indien Bharti (agroalimentaire, télécoms).

Mais l'arrivée d'étrangers passe mal en Inde.

Le réseau des 15 millions de petits commerçants est le plus dense et l'un des mieux protégés du monde. La législation locale en matière de grande distribution est extrêmement contraignante.

L'Inde a consenti en janvier 2006 à autoriser les investissements étrangers à hauteur de 51% mais seulement dans les enseignes à marque unique.

La loi autorise juste des accords de franchise entre groupes étrangers et locaux. L'immense marché indien, évalué à 300 milliards de dollars de chiffre d'affaires, devrait doubler d'ici à 2015.

Une éventuelle alliance entre Carrefour et Reliance intervient au moment où le français convoite aussi le marché en plein boom de la Russie. Il vient d'acheter un terrain pour ouvrir son premier hypermarché dans ce pays, selon la presse russe.

Mais en France, le capital et la direction de Carrefour sont en plein remue-ménage.

Le groupe a démenti lundi que son président du directoire José Luis Duran et le directeur financier soient sur le départ, à la suite de la démission la semaine dernière du président du conseil de surveillance Luc Vandevelde.

M. Vandevelde avait été désavoué par la famille Halley, premier actionnaire de Carrefour. Et l'homme d'affaires français Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, allié au fonds d'investissement américain Colony Capital, ont fait une entrée en force le 7 mars au capital de Carrefour, en s'emparant d'environ 10%, ce qui en fait les deuxièmes actionnaires derrière les 13% de la famille Halley.

Photo Belga

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