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La débâcle de Swissair enfin au tribunal 5 ans après la faillite

Des milliards partis en fumée, une compagnie nationale, orgueil du pays, honteusement mise en faillite, un traumatisme sans précédent pour des millions de Suisses: l'invraisemblable débâcle de Swissair va faire l'objet, à partir du 16 janvier, d'un retentissant procès à Zurich.

(belga) Cinq ans après la soudaine immobilisation des appareils de Swissair, la Suisse, un des pays les plus riches du monde, n'a plus de compagnie aérienne nationale. Swissair n'existe plus et a été remplacée par une compagnie plus petite, appelée Swiss, qui a été rachetée en 2005 par l'allemande Lufthansa.

Dans ce procès, 19 personnes, toutes membres ou ex-membres du gotha économique et financier du pays, sont mises en examen. L'affaire a nécessité plusieurs années d'instruction et l'acte d'accusation compte 100 pages."Gestion déloyale ou frauduleuse", "informations erronées" sur la santé financière du groupe, mouvements de capitaux suspects avant la faillite d'octobre 2001: la liste de griefs dressés par le ministère public est longue pour ce procès considéré comme le plus important de l'histoire économique suisse.Sur le banc des accusés va se retrouver Philippe Bruggisser, l'ancien grand patron de Swissair, considéré comme le principal responsable de la débâcle de la compagnie, à cause d'une politique d'acquisitions ruineuses.

Cette stratégie a reçu le coup de grâce avec les attentats du 11 septembre 2001 qui ont accéléré la crise du secteur aérien mondial. Le 2 octobre, la flotte de Swissair se retrouvait clouée au sol pendant 48 heures faute d'argent pour payer le carburant.Les Suisses n'ont toujours pas digéré le traumatisme comme le montre le succès l'an dernier d'un film retraçant ces événements.Aux côtés de Philippe Bruggisser se trouvera son successeur, Mario Corti, le dernier patron de Swissair. Ancien directeur financier de Nestlé, il avait accepté la mission périlleuse de redresser Swissair, moyennant un salaire fixé à l'avance de 12 millions de francs suisses (7,5 millions d'euros au cours actuel) pour 5 ans.Resté en fonction moins de deux ans, il est accusé d'avoir procédé à des versements douteux juste avant le dépôt de bilan.

Autre accusé de marque, le banquier Benedikt Hentsch, de la banque privée Darier-Hentsch, qui a siégé au conseil d'administration. Ce Genevois est poursuivi au même titre que tous les membres du conseil d'administration, accusés de n'avoir pas tiré la sonnette d'alarme à temps et d'avoir laissé carte blanche à Philippe Bruggisser.Lukas Mühlemann, ancien PDG de la banque Credit Suisse, remercié il y a trois ans, figure sur la liste des inculpés comme ex-membre du conseil d'administration.Le ministère public leur reproche d'avoir causé des milliards de dommages par leur légèreté ou leur manque de surveillance.

Le conseil d'administration est ainsi accusé d'avoir approuvé un versement de 150 millions d'euros à Sabena, filiale de Swissair, alors que la compagnie belge était déjà au bord de la faillite.Les inculpés plaident tous non coupables.Le procès, qui se déroule dans une salle spécialement aménagée à Bülach, au nord de Zurich, devant le Tribunal de district local, doit se poursuivre jusqu'à début mars. Trente journées d'audience sont prévues. Le Ministère public prépare une deuxième procédure, qui traitera des comptes de la compagnie aérienne en faillite. Ce premier procès a été organisé pour éviter que plusieurs délits ne soient couverts par la prescription de sept ans.

Photo Belga

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