La Douma confirme le monopole d'exportation de Gazprom

La chambre basse du Parlement russe a adopté mercredi une proposition de loi donnant force juridique au monopole de facto du géant russe Gazprom sur les exportations de gaz russe, à l'encontre des demandes européennes de libéralisation de ce marché.

(afp) La proposition introduite par deux députés a été votée en deuxième puis en troisième lecture par 355 voix pour, 64 contre et sans aucune abstention par la Douma qui compte 450 sièges.

Aucun amendement n'a été apporté à la première version du texte qui doit donner à Gazprom le monopole sur les exportations de gaz par gazoduc et celles de gaz naturel liquéfié (GNL) avec l'objectif annoncé de garantir les intérêts nationaux russes.

Le texte doit encore être approuvé par la chambre haute du Parlement et signé par le président russe.

A dix jours du sommet du G8 accueilli par la Russie, la Douma vient ainsi contrarier les demandes de l'Union européenne qui s'inquiète de sa dépendance envers son voisin, et pousse au contraire Moscou à ouvrir l'accès à ses gazoducs pour renforcer la sécurité énergétique. 26% de la consommation de gaz de l'UE est assurée par Gazprom.

De son côté, la Russie proteste contre les difficultés auxquelles se heurte Gazprom dans ses tentatives de prendre le contrôle de compagnies européennes de distribution de gaz.

"Le droit exclusif d'exporter du gaz est accordé à l'organisation propriétaire du système unique d'alimentation en gaz ou à une filiale détenue à 100%", stipule le texte introduit par deux députés.

Cette loi ne s'applique pas en revanche au gaz extrait en Russie par des sociétés étrangères dans le cadre de contrats de partage de production (connus sous le nom de production share agreement ou PSA en anglais).

Selon le quotidien des affaires Vedomosti, le texte présenté par les parlementaires Valeri Iazev et Iouri Lipatov aurait été élaboré par Gazprom et a reçu le soutien du président Vladimir Poutine.

Les remarques du Service anti-monopole russe soulignant que le texte allait à l'encontre des intérêts des producteurs de gaz russes indépendants et des sociétés pétrolières qui renforcent de plus en plus leurs activités d'extraction de gaz n'ont pas été prises en compte, précise encore ce journal mercredi.

L'immense projet gazier Sakhaline 2 conduit par l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell, le plus important projet de gaz et pétrole du monde en termes d'investissements, exploité dans le cadre d'un accord de partage de production, échappera donc à cette nouvelle loi, de même que le projet Sakhaline 1 dont le consortium est dirigé par le groupe américain ExxonMobil et une poignée d'autres projets en Sibérie.

Sakhaline-2, premier site à produire du gaz naturel liquéfié (GNL) en Russie, devrait commencer à en livrer à l'été 2008. Il a conclu des accords sur plus de vingt ans avec de grandes compagnies japonaises de distribution de gaz ou d'électricité.

(photo: Belga)

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