Le bénéfice des entreprises belges stagne

©MAXPPP

La première impression est positive, mais une fois qu’on gratte le vernis, le tableau semble un peu plus sombre...

A priori, l’ensemble des sociétés belges cotées sur Euronext Bruxelles a engrangé de meilleurs résultats l’an dernier qu’en 2011. Leurs résultats nets cumulés donnent un profit global de 8,86 milliards d’euros: c’est six fois plus que le total 2011 qui s’élevait à 1,36 milliard pour autant qu’on ne prenne pour Dexia que le résultat de ses activités poursuivies (perte de 6,8 milliards en 2011 contre -11,6 milliards en incluant les activités cédées). Si l’on exclut Dexia des deux exercices, 2012 termine en ce cas sur un bénéfice net global de 10,58 milliards d’euros contre 7,5 milliards en 2011, soit une progression d’un peu moins de 30%.

Tableau interactif

Résultats 2012

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En limitant les comparaisons à la dernière ligne du compte de résultats, on intègre dans les calculs une série d’éléments exceptionnels qui ont pesé très lourd dans les résultats des sociétés financières, aussi bien en 2011 qu’en 2012. Allusion aux réductions de valeur et nettoyage de portefeuilles obligataires qui ont détruit leurs comptes 2011. A elle seule, Dexia introduit une différence positive de 5 milliards d’euros d’un exercice à l’autre (elle revient de -6,8 à -1,7 milliard), mais d’autres financières comme KBC et Ageas interviennent également pour beaucoup dans l’amélioration diagnostiquée l’an dernier. Le groupe d’assurance est passé d’une perte nette de 578 millions en 2011 à un bénéfice de 743 millions en 2012, tandis que la banque flamande a vu son profit net flamber de 13 à 612 millions. Le bilan des holdings s’est lui aussi fortement amélioré l’an dernier avec un profit net total de 598 millions d’euros, en hausse de 75%. 

Dossier "Résultats 2012"

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De ce point de vue, le résultat des entreprises non-financières apparaît plus révélateur en ce sens qu’il reflète mieux les réalités de l’économie. Et ici, le tableau devient moins enthousiasmant. Si l’on retire les banques, les compagnies d’assurance, les sociétés immobilières (Sicafis) et les holdings, le bénéfice net global des sociétés cotées s’établit à 8,41 milliards d’euros contre 8,15 milliards en 2011. La progression n’est plus que de 3,3%: un léger mieux. A comparer avec un taux d’inflation de 2,6% pour la Belgique et un produit intérieur brut en repli de 0,2%. Mais si l’on veut mesurer l’évolution des activités réelles des entreprises, leur résultat opérationnel (Ebit) est encore plus pertinent. Et là, le tableau change de couleur, puisque l’Ebit de l’ensemble des sociétés cotées belges de l’industrie et des services a reculé l’an dernier de 0,6% à 16,18 milliards d’euros contre 16,27 milliards. Sur fond de chiffre d’affaires en hausse de 4,7% à 115,33 milliards d’euros.

Au final, il faudrait vraisemblablement parler de stagnation. Significatif à cet égard est le nombre de sociétés qui terminent l’année en perte: elles étaient quinze l’an dernier et seize un an plus tôt.

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