Le fondateur d'Alfacam ne vendra pas de titres d'ici 2010-2011

Gabriel Fehervari et son épouse, Karin Stoop, qui ont créé Alfacam il y a 20 ans et contrôlent actuellement 76% de son capital, ne cèderont aucun des titres en leur possession au cours de l'entrée en Bourse (IPO) du groupe de services télévisuels sur le premier marché d'Euronext Bruxelles, où la première cotation est prévue le 25 mai.

(l'écho) " J'ai accepté un 'lock-up' de 12 mois, mais j'aurais pu accepter un 'lock-up' de 36 mois ", nous a confié le fondateur et CEO (photo), qui verra la participation de son couple dans Alfacam réduite à 63% après l'IPO.

Cette opération, conduite conjointement par KBC Securities et ING, doit permettre au groupe de Lint d'augmenter son capital de 20 millions d'euros… et à la société flamande d'investissements GIMV, entrée au sein d'Alfacam il y a 9 ans, de recaser pour 15 millions d'euros d'actions existantes, portant ainsi sa part de 24 à 7% (avec 'lock-up de 6 mois). Du moins si le milieu de la fourchette de 12 à 15,75 euros dévoilée ce vendredi, soit 13,875 euros, est choisie. Et si l'option de surallocation, qui pourrait atteindre 15% de l'offre, n'est pas exercée. Ce qui conduirait au passage à un flottant de 31%, pour une valeur d'entreprise située à 94,5 millions.

Gabriel Fehervari, qui avait successivement travaillé, ces derniers mois, à une augmentation de capital de 15 millions d'euros réservée à des capital-risqueurs puis à une cotation sur Alternext, explique le maintien de sa part par le nombre de ses projets. " Je crois beaucoup à notre diversification, entamée il y a 3 ans, et aux années 2008 et 2009, nous a-t-il résumé. Nous sommes très flexibles. Nos cars nous coûtent beaucoup moins chers à la construction que ceux de la concurrence. Et je crois beaucoup, vu notre avance technologique, à notre croissance organique. Bref, je ne me vois pas vendre de titres d'ici 2010-2011. "

Alfacam, qui se positionne comme un leader mondial en matière de télévision à haute définition (HDTV), essentiellement en sport et en musique, offre ses services de captation aux chaînes de télévision et aux différents détenteurs de droits (entre autres via 22 cars de régie, dont 15 équipés en HD). C'est connu. Mais ce n'est pas tout...

Depuis peu, le groupe de Lint, qui occupe directement 70 personnes et collabore notamment avec EVS et Barco dans son cœur de métier, propose aussi aux boîtes de production ses 5 (et bientôt 6) studios flambant neufs. Tout en accélérant le mouvement vers le stockage et la gestion de contenus HD, y compris ceux destinés aux cinémas, ainsi que vers la captation d'images HD sans fil (cyclisme, automobile…). Ces deux derniers segments, paraît-il prometteurs, seront d'ailleurs servis en priorité suite à l'IPO, en absorbant chacun jusqu'à 5 millions d'euros en 2007/2008.

L'an dernier, Alfacam, traditionnellement en forte croissance les années paires, synonymes de gros événements sportifs, a dégagé un bénéfice net de 2,86 millions d'euros (contre une perte d'1,41 million en 2005) sur un chiffre d'affaires de 24,12 millions d'euros (+9,2%), réalisé à près de 90% à l'étranger. Et, alors que sa marge brute a atteint 46% (12,96 millions), contre 25% un an plus tôt et 40% en 2004, l'entreprise a vu son résultat opérationnel (Ebit) passer d'une perte de 0,46 million à un bénéfice de 6,21 millions.

Interrogé à plusieurs reprises sur les prévisions chiffrées de l'entreprise, Gabriel Fehervari s'est contenté d'affirmer que le premier trimestre de 2007 avait été plus de deux fois supérieur à la même période de 2005 et supérieure au premier trimestre de 2006. " Et par le passé, a-t-il ajouté, depuis 1999 en fait, la croissance annuelle moyenne de notre Ebitda s'est située à 39% et celle de notre Ebit à 37%. (…) Nous ne sommes pas des chasseurs de revenus, mais de projets à marges. "

Pas forcément plus neutre, KBC Securities table sur une croissance moyenne des ventes d'Alfacam de 30% entre 2006 et 2009, alors que son Ebit devrait progresser à un rythme de 18% par an.

Alfacam, dont la dette financière atteignait fin décembre les 30 millions d'euros, ne compte pas distribuer de dividendes au cours des 2 ou 3 prochaines années. Et après ? " Tout dépendra du conseil d'administration, qui sera présidé par Hugo Vandamme, l'ex-patron de Barco ", a encore dit en substance Gabriel Fehervari.

Les investisseurs intéressés ont jusqu'au 23 mai pour souscrire à cette offre initiale, qui coûtera environ 2 millions d'euros à Alfacam. Sauf en cas de clôture anticipée, possible dès le 11 mai. Le closing et le paiement auront lieu le 30 mai. Quelque 40% de l'offre seront réservés aux particuliers belges mais un transfert ('claw-back') de maximum 20% entre les deux tranches est possible.

Xavier Degraux

Photo Belga

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect