Le retour à la croissance tarde

Des 18 indices sectoriels du Dow Jones Stoxx 600, celui des valeurs télécoms reste toujours la lanterne rouge en termes de return. Le DJ Stoxx télécoms accuse une perte de 5,2% depuis le début de cette année.

(l'écho) L'an passé déjà, le secteur télécoms était resté à la traîne des marchés. Ce n'est paspour autant que les analystes profitent de cette sous-performance persistante pour relever leur appréciation sur le secteur. Parmi les rares d'entre eux à avoir amélioré leur rating, ceux d'ING sont passés il y a peu de «sous-pondérer» à «neutre» sur le secteur en Europe. Différents motifs les ont poussés à modifier leur avis dans le bon sens. Alors que les attentes de faible croissance des bénéfices sont déjà escomptées dans les cours de leurs actions, ING estime à présent qu'on ne devrait plus craindre de nouveaux avertissements sur résultats dans ce secteur. De plus, certains opérateurs, comme Telefonica, France Télécom et British Telecom, viennent de distribuer des dividendes plus généreux que prévu. En moyenne, le secteur offre un rendement moyen brut de 5,6% contre 3,5% pour l'ensemble des Bourses. Du côté de la valorisation boursière des télécoms, les chiffres sont tout aussi attractifs. Les analystes d'ING évaluent à 11,8 en moyenne le rapport cours sur bénéfice (P/E) moyen du secteur. On n'avait plus vu pareil (bas) niveau depuis 5 ans!

Secteur déflationniste

Les facteurs favorables ne manquent donc pas. C'est néanmoins sans trop d' enthousiasme que les analystes ont relevé leur avis sur les télécoms. Pour la raison essentielle que la reprise de la croissance des profits dans ce secteur ne se profile toujours pas à l'horizon. Ils estiment en effet le secteur toujours «déflationniste». L'intense concurrence qui sévit parmi les opérateurs en Europe, les pressions exerçées par les autorités de régulation - comme dans le dossier du roaming où une baisse des tarifs a été récemment imposée - et l'apparition de nouvelles technologies constituent autant de facteurs qui mettent sous pression les prix. Partant, ING donne la priorité aux opérateurs ayant une exposition internationale élevée, en particulierdans l'activité mobile sur les marchés émergents (Telenor). Ou encore dont le marché domestique est protégé (OTE) ou encore à ceux susceptibles de faire l'objet d'une restructuration. Pour ce qui concerne les opérateurs belges, ING a un rating d' «achat» sur Belgacom et Telenet, et de «conserver» sur Mobistar. La banque craint une baisse de revenus à la fois dans le fixe et le mobile pour Belgacom. En revanche, il observe que le sentiment s'améliore sur le marché pour Telenet, une entreprise bien positionnée dans ses activités. Enfin, en ce qui concerne Mobistar, ING croit toujours en une reprise par France Télécom.

(Marc Collet)

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