Les discussions entrent dans la dernière ligne droite chez Eurotunnel

La direction d'Eurotunnel et ses créanciers ont repris leurs tractations mercredi pour tenter de trouver un accord sur la restructuration de la dette de 9 milliards d'euros, alors que le PDG du groupe a d'ores et déjà préparé le terrain en cas d'échec des discussions. Le groupe Eurotunnel réunira son conseil d'administration jeudi matin, quelle que soit l'issue des négociations encore en cours entre la direction et ses créanciers sur la dette du groupe.

(afp) Si les négociations demeuraient infructueuses entre la direction et ses créanciers, le PDG Jacques Gounon serait reçu par un juge du Tribunal de commerce de Paris pour qu'il examine la demande de sauvegarde deposée par le groupe mardi matin.

Selon des sources concordantes, ce rendez-vous aurait lieu jeudi à partir de 10 heures.

"Le tribunal de commerce pourra soit refuser cette procédure, soit l'accepter, soit demander un complément d'informations avant de se prononcer. Cela pourrait alors prendre quelques jours", a expliqué à l'AFP une source proche du dossier.

La demande d'une procédure de sauvegarde permet de "se préparer à toute éventualité et "de se mettre en ordre de marche dès demain (jeudi) matin", avait-on indiqué plus tôt chez Eurotunnel.

Mercredi en fin d'après-midi, les discussions continuaient toutefois pour tenter d'éviter la procédure judiciaire. Les participants ont jusqu'à minuit pour s'entendre.

Eurotunnel "a fait des propositions finalisées dans un document d'une dizaine de pages qui a été remis à tous les participants en fin de matinée", a expliqué un porte-parole du groupe, qui ajouté que les discussions avaient repris en début d'après-midi.

Le groupe Eurotunnel réunira son conseil d'administration jeudi matin, quelle que soit l'issue des négociations encore en cours entre la direction et ses créanciers sur la dette du groupe, a annoncé un porte-parole d'Eurotunnel.

Parmi les créanciers figurent des banques, comme l'américaine Goldman Sachs ou la française BNP Paribas, mais aussi des sociétés d'investissements comme Résurgence ou Eliott, qui détiennent des obligations du groupe.

Une partie des "obligataires" s'oppose au plan de refinancement proposé par la direction d'Eurotunnel, s'estimant lésés.

Un conseil d'administration d'Eurotunnel devait se réunir mercredi soir pour examiner la situation, quelle que soit l'issue des discussions.

Inspiré du droit des faillites américain ("Chapter 11"), le plan de sauvegarde permet d'éviter le dépôt de bilan. Il concerne des entreprises connaissant des "difficultés qu'elles ne peuvent surmonter et de nature à les conduire en cessation de paiement". Il s'agit d'éviter, à terme, la liquidation judiciaire.

Un juge est désigné pour tenter de mettre d'accord les parties. Pendant ce temps, les dettes --qu'Eurotunnel doit théoriquement commencer à rembourser début 2007-- sont gelées.

Enfin, même si créanciers et direction parvenaient à se mettre d'accord avant mercredi soir, reste encore une embûche de taille: la position des actionnaires.

Convoqués en assemblée générale le 27 juillet, ils seront appelés à se prononcer sur le plan de refinancement si celui-ci est adopté.

L'Adacte, association d'actionnaires, a indiqué mercredi son intention de voter contre ce plan et cinq de ses membres ont assigné en référé Eurotunnel "pour fausse information". L'audience est prévue le 18 juillet au Tribunal de commerce de Paris.

L'association a aussi demandé la désignation d'un expert pour examiner la dette ainsi que l'ajournement de l'assemblée générale du 27.

L'Adacte dit représenter environ 4% des droits de vote d'Eurotunnel, qui a environ 800.000 actionnaires pour 2 milliards d'actions en circulation.

Quoiqu'il arrive à la société Eurotunnel, concessionnaire du tunnel sous la Manche, le tunnel lui-même ne sera pas fermé. Navettes et trains continueront de fonctionner, en vertu des dispositions prévues au lancement du projet il y a 20 ans.

Photo Belga

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