Les OPRA d'Arcelor ont du plomb dans l'aile

Cela fait maintenant de longues semaines qu'Arcelor a convoqué ce mercredi ses actionnaires en assemblée extraordinaire. Avec un sujet principal à l'ordre du jour: donner le feu vert à une offre publique de rachat d'actions propres (OPRA) de quelques 6,5 milliards d'euros.

(tnl) Lorsqu'Arcelor avait présenté ce volet de son plan anti-Mittal, ses actionnaires - tout heureux de cette rentrée d'argent - avait applaudi des deux mains. Mais l'annonce du rapprochement avec le sidérurgiste russe Severstal a sensiblement modifié la donne. Et les actionnaires minoritaires commencent à grincer des dents. Au point que la résolution proposée ce mercredi risque de ne pas recueillir les deux tiers des votes nécessaires. L'homme d'affaires français Romain Zaleski, deuxième actionnaire d'Arcelor avec 5% du capital, et l'Adam (Association de défense des actionnaires minoritaires) de Colette Neuville, auraient en effet déjà fait part de leur opposition à ce projet de rachat d'actions.

Pourquoi? Car pour eux, ce programme reviendrait à céder le contrôle au milliardaire russe Alexeï Mordachov, sans qu'il y ait OPA. En effet, selon l'accord conclu entre Arcelor et le Russe, Mordachov obtiendrait rapidement 32% du capital du nouvel ensemble. Le rachat d'actions et leur annulation le ferait passer ensuite à quelques 38%. Une prise de contrôle passive qui est loin d'être au goût des porteurs de titres.

Deuxième grief pointé du doigt par les minoritaires: la crainte de voir s'effondrer le cours d'Arcelor en cas d'échec de l'offre de Mittal. Conscient de la fronde qui s'organise, la direction d'Arcelor tente aujourd'hui de trouver la parade. Parmi les pistes envisagées se trouveraient un report de l'AG ou une modification de la proposition de résolution relative aux OPRA.

De son côté, Guy Dollé, le patron d'Arcelor, a déjà fait savoir qu'en cas de vote négatif ce mercredi, le groupe sidérurgique européen pourrait soit procéder à un rachat de titres en Bourse, soit distribuer un dividende exceptionnel. Deux moyens alternatifs de distribuer du cash aux actionnaires.

Ces supputations ont fait grimper le cours du titre Arcelor qui gagnait à la mi-séance 3,05% à 34,49 euros, sur Euronext Bruxelles.

Guy Dollé, patron d'Arcelor (photo: belga)

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