Les résultats trimestriels, c'est fini!

Actuellement les entreprises ont en-dehors de l'assemblée générale, quatre rendez-vous avec leurs actionnaires. (©Photo News) ©Photo News

Fini les publications trimestrielles? Une directive européenne a été adoptée en ce sens. Reste à la Belgique à la transposer et à voir si les entreprises voudront suivre le mouvement.

Marche arrière toute. Il y a quelques années, les entreprises cotées ne venaient vers le marché que deux fois par an pour faire part de leur état de santé financière. Aujourd’hui, elles le font à chaque trimestre. C’est une obligation.

Mais ce timing contraignant fera bientôt partie du passé. En effet, une directive européenne datée d’octobre dernier annule purement et simplement l’obligation pour les sociétés cotées de publier des résultats trimestriels. Une décision qui ne manque pas d’étonner à l’heure où la finance mondiale va toujours plus vite et que la transparence vis-à-vis du marché est devenue le Graal des directeurs financiers.

Pourquoi? Deux motivations à la base du vote européen. La première: réduire les charges pour les entreprises et surtout les plus petites d’entre elles. Deux reportings au lieu de quatre, cela allège sensiblement la charge de travail des départements finances et communication. La seconde: se distancer du diktat des marchés financiers et considérer l’investissement boursier dans une vision de plus long terme. Certains patrons déplorent régulièrement la vision à court terme d’un marché en décalage avec la stratégie de long terme de l’entreprise. Et la sanction boursière qui parfois l’accompagne...

Aujourd’hui. Jusqu’ici les entreprises cotées étaient obligées de publier deux fois par an des comptes complets (c’est-à-dire état financiers, rapport de gestion, déclaration d’un reponsable, indications sur le contrôle externe) et entre ces publications ce quand le jargon on appelle "un trading update". Autrement dit: une indication de événements importants qui se sont produits et leur impact éventuel sur les comptes ainsi que les principaux risques et incertitudes des mois à venir. Si certaines entreprises jouent le jeu et livrent même parfois des comptes plus que complets, d’autres se contentent d’un communiqué de trois ou quatre lignes.

Les changements. La directive adoptée en octobre dernier met un terme définitif aux publications trimestrielles. Les sociétés cotées ne devront publier leurs résultats financiers que deux fois par an : après le premier semestre et à la fin de l’année.

Autre changement: le délai pour la publication officielle. Aujourd’hui, les entreprises doivent publier cette information dans les deux mois qui suivent le semestre sous revue. Ce délai pourra être allongé à trois mois. " Il s’agit d’une option que les Etats membres sont libres de transposer ou pas ", explique-t-on du côté de la FSMA.

Qui? Les règles de la directive européenne sont d'application à toutes les sociétés dont les titres sont admis à la cotation sur un marché réglementé. Reste à savoir si les sociétés repasseront en mode deux fois par an. "Je ne pense pas que nous changerons notre manière de communiquer. Nous voulons rester transparent vis-à-vis de nos actionnaires. Nous faisons déjà davantage que ce que la loi impose. Nous continuerons certainement à le faire" explique-t-on par exemple chez Belgacom.

Quand? La Belgique a jusqu’en 2015 pour transposer cette directive. Le fera-t-elle avant les prochaines élections ? Difficile à dire. On sait en tous cas que durant les travaux européens, la Belgique était à la manœuvre et favorable à l’adoption de cette directive.

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