Mittal/Arcelor: les sites wallons ne se concurrencent pas

Les sites sidérurgiques d'Arcelor situés en Région wallonne se trouvent dans un rapport de complémentarité plutôt que de concurrence avec les outils de Mittal Steel, a indiqué mercredi le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, qui a fait part, devant le parlement, de l'un des éléments du rapport de la Banque Lazard.

(belga) Le ministre a répondu aux interpellations des députés Serge Kubla (MR), Michel de Lamotte (cdH), Paul Ficheroulle (PS) et Bernard Wesphael (Ecolo). Les parlementaires ont fait part de leurs interrogations à l'égard de la fusion entre Arcelor et Mittal Steel, notamment sur les répercussions industrielles de l'opération en Wallonie.

M. Marcourt a rappelé les garanties offertes par l'un et l'autre. Ils ont confirmé que les accords souscrits en 2003 par Arcelor après la décision de fermeture de la ligne à chaud à Liège seraient intégralement respectés ainsi que les projets mis en route et qui ne figuraient formellement pas dans les accords, essentiellement les investissements dans l'aval de l'aval et l'installation d'un siège administratif à Flémalle.

Quant au pôle inox, représenté en Wallonie par Carinox à Charleroi, M. Mittal s'est engagé à le conserver pendant 18 mois. Arcelor a en effet lancé une étude sur celui-ci pour déterminer le sort qu'il lui réserve.

Le 25 juin, après le conseil d'administration qui a abouti à la décision de fusion des deux groupes, Mittal Steel et Arcelor ont annoncé qu'aucune restructuration n'aurait lieu en Europe occidentale au-delà de ce qui a déjà été arrêté.

Le ministre a en revanche répété sa prudence face aux déclarations de Lakshmi Mittal sur une éventuelle réouverture de la ligne à chaud à Liège. "M. Mittal a dit qu'il réexaminerait la décision de fermeture mais, personnellement, je ne veux pas donner de faux espoirs aux travailleurs", a souligné M. Marcourt.

Les questions des parlementaires ont également porté sur les actions wallonnes dans Arcelor. Le ministre a confirmé qu'un mécanisme de couverture s'appliquait à 10 millions des 15 millions de titres que possède encore la Région. Il garantit une fourchette de prix entre 15,89 euros et 18,56 euros en vertu d'une convention conclue avec le Créduit Suisse au mois de juillet 2005.

La Région wallonne n'empochera donc pas la plus-value (Mittal a fait une offre autour de 40 euros). Mais ce ne sera pas non plus le Crédit Suisse puisque celui-ci s'est en quelque sorte réassuré auprès d'autres organismes, a expliqué M. Marcourt.

Le ministre avait commandé une analyse pour vérifier si la banque avait agi loyalement à l'égard de la Région, étant donné qu'elle a également conseillé Mittal Steel lorsqu'il a lancé son OPA. "L'examen n'a rien relevé d'irrégulier dans le cadre de la conclusion de la convention. S'il ne peut être établi avec certitude que le Crédit Suisse n'a pas eu connaissance du projet de Mittal, il n'est pas possible non plus de prétendre l'inverse", a-t-il répondu.

Quant aux 5 millions de titres qui ne sont pas couverts par ce mécanisme, le gouvernement wallon statuera sur leur sort avant le 12 juillet, date de clôture de l'OPA.

(photo: Belga)

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