Mystère autour du financier Zaleski

Le mystère s'épaissit autour de l'homme d'affaires franco-polonais Romain Zaleski, devenu en moins de trois mois le premier actionnaire du géant de l'acier Arcelor et l'homme clé de la bataille entre le groupe européen et son rival, le numéro 1 mondial Mittal Steel.

(afp) Entré au capital d'Arcelor courant mars, Romain Zaleski, 73 ans, a régulièrement augmenté sa participation pour la porter mardi à 7,6%, ce qui représente un investissement approchant les 2 milliards d'euros.

L'homme, dont les motivations et les intentions restent secrètes, est désormais le premier actionnaire devant le grand-duché du Luxembourg, actionnaire historique qui détient 5,6% du capital.

Le financier a simplement fait savoir que son groupe se réservait "la possibilité de renforcer sa position en fonction des opportunités du marché", dans une déclaration d'intention laconique publiée par l'Autorité des marchés financiers.

Romain Zaleski agit via sa holding Carlo Tassara international (CTI), basée à Luxembourg, dans laquelle sa fille est administratrice. CTI détient également 13% du groupe métallurgique français Eramet et 2% du capital du groupe d'assurances italien Generali, contrôlé à 14% par Mediobanca.

"Pour le moment, M. Zaleski joue son rôle d'actionnaire pur qui cherche clairement à avoir la meilleure valorisation possible, à court et à long terme, de son patrimoine investi dans Arcelor mais on ne sait pas grand chose de ses intentions...", commente une source proche de dossier.

Mais il n'a aucune raison de le faire, s'il veut faire monter les enchères.

"Deux milliards, c'est une grosse somme. Mais personne ne sait s'il a investi ses propres capitaux ou s'il est associé", poursuit la même source.

Près de cinq mois après le lancement de l'OPA de Mittal sur Arcelor, il reste difficile de dire si Zaleski est en faveur de Mittal ou pour le projet proposé par Arcelor, à savoir un rapprochement avec le russe Severstal.

Le 12 mai, le directeur financier d'Arcelor Gonzalo Urquijo avait indiqué qu'il avait rencontré M. Zaleski avec le président du conseil d'administration Joseph Kinsch.

Il avait alors fait savoir que le groupe était confiant dans le soutien de M. Zaleski.

Mais depuis, l'homme, connu pour être un fin financier, a fait savoir qu'il voterait contre le projet de rachat massif d'actions, obligeant Arcelor à ajourner son assemblée générale extraordinaire, qui devait se tenir mercredi.

En quelques semaines, il est devenu l'homme clé du dossier, dont on ménage la susceptibilité.

"Toutes les garanties nouvelles données par l'offre de Severstal devraient répondre aux critiques de Zaleski", se félicite ainsi une source proche d'Arcelor.

M. Zaleski, qui multiplie les contacts avec Arcelor, ne voyait pas d'un très bon oeil le poids que pourrait prendre le jeune et ambitieux milliardaire russe Alexeï Mordachov, PDG et principal propriétaire de Severstal.

Mercredi, le Russe a proposé de revoir à la baisse, de 32% à 25%, la part qu'il projette de prendre dans Arcelor.

Ancien champion de France de bridge, M. Zaleski, marié à une riche italienne, n'est pas à son premier coup.

Il est connu pour avoir retiré une plus-value de 1,4 milliard d'euros de la cession, à EDF en 2005, de sa participation dans ItalenergiaBis (Ieb), la holding de contrôle d'Edison.

Officiellement retraité, M. Zaleski est diplômé de polytechnique (année 1953).

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