Qui financera l'aménagement des aéroports pour accueillir l'A380?

Les retards de l'A380 vont donner du temps aux aéroports pour s'adapter. Mais qui payera la modernisation des infrastructures?

(l'écho) John Mica est le président de la sous-commission Aviation de la Chambre des représentants à Washington. Cet homme d'influence (républicain) vient d'annoncer qu'il déposera une proposition de loi visant à supprimer toute aide fédérale pour la modernisation d'infrastructures aux aéroports qui utiliseront ces fonds pour s'adapter à l'accueil de l'Airbus A380. En tout cas, dans l'attente de l'acquisition du géant d'Airbus par une compagnie (de passagers) américaine.

Cette initiative intervient alors que le Government Accountability Office (GAO) vient de sortir une étude qui chiffre à 927 millions de dollars les sommes qui seront engagées par 18 aéroports américains pour adapter leurs infrastructures à l'arrivée de l'A380.

Ce qui choque Mica est qu'environ la moitié de cette somme serait fournie par le ministère US des Transports dans le cadre des fonds alloués aux programmes de modernisation aéroportuaire, alors que, dixit le GAO, 21% viendraient des redevances des passagers et le reste de fonds privés ou de communautés locales: «Il est injuste, a-t-il dit, que le contribuable américain contribue à ces subsides, à la lumière des 6,5 milliards d'USD déjà octroyés par les gouvernements européens pour la construction de l'A380.»

Pour John Mica, la facture devrait être envoyée aux compagnies qui opéreront l'A380 sur les routes américaines et qui utiliseront ces nouvelles infrastructures. L'Association du transport aérien international (IATA) ne voit pas les choses ainsi. Après tout, l'arrivée d'avions plus gros permet de décongestionner les aéroports et ceux-ci devraient se satisfaire de gagner plus, puisque les redevances sont perçues en fonction du nombre de passagers. Mais même au sein de l'IATA, il y a des voix discordantes. Air New Zealand (qui n'est pas cliente de l'A380) a clairement fait comprendre qu'elle refuserait de contribuer indirectement aux 16,7 millions d'USD consentis par l'aéroport d'Auckland pour adapter ses infrastructures aux futurs A380 de Qantas ou de Singapore Airlines (SIA). L'aéroport d'Auckland avait en effet laissé entendre qu'elles augmenterait en conséquence ses redevances pour tous les transporteurs...

Le problème risque de se poser ailleurs aussi et surtout dans les premiers aéroports qui accueilleront le géant d'Airbus. SIA étant la première compagnie sur la liste, Londres et Sydney sont les tout premiers aéroports concernés.

Les autorités aéroportuaires britanniques (BAA) ont consacré 845 millions de dollars en créant de nouveaux points de toucher avec passerelles multiples (550 personnes à débarquer d'un coup!) et élargissement de certaines bretelles de dégagement de pistes, et pensent qu'elles seront prêtes à temps pour le mois de décembre.

Mais tous les aéroports ne sont pas dans le même cas. Los Angeles, pour le moment, ne pourrait accueillir que deux A380 simultanément. Autant dire que, pour les responsables aéroportuaires, le retard annoncé dernièrement dans les cadences de livraison de l'A380 n'était pas forcément une mauvaise nouvelle.

Cela donnera le temps pour s'adapter. Et aussi pour savoir qui, en définitive, payera la note.

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