Rachat d'Endesa: E.ON contre-attaque face aux autorités espagnoles

Le numéro un allemand de l'énergie E.ON va faire appel auprès du ministère espagnol de l'Industrie des conditions mises à son rachat du groupe d'électricité Endesa par le régulateur de l'énergie en Espagne (CNE), a-t-il annoncé mardi.

(afp) "E.ON a décidé d'adresser une plainte au ministère espagnol de l'Industrie. Celle-ci porte en particulier sur les obligations de cessions (d'actifs) imposées par la CNE et sera envoyée dans le courant de la semaine prochaine", selon un bref communiqué.

La CNE a donné vendredi son feu vert à l'OPA de 29,1 milliards d'euros d'E.ON sur Endesa, mais en imposant d'importantes cessions d'actifs que le groupe allemand a immédiatement jugées "sans fondement".

Invoquant la défense des intérêts énergétiques stratégiques de l'Espagne, la CNE exige notamment d'E.ON qu'il cède la gestion des actifs nucléaires d'Endesa, ainsi que 35 pc de la capacité installée d'Endesa en Espagne, soit 7.600 mégawatts représentant 17 pc de la capacité totale du groupe espagnol dans le monde.

La Commission européenne avait déjà annoncé lundi qu'elle examinait les conditions imposées par le régulateur à l'OPA d'E.ON, pour déterminer si elles étaient ou non "conformes avec les règles communautaires". Bruxelles avait elle-même approuvé l'opération sans condition en avril, estimant "peu probable" qu'elle ait "une incidence négative sensible sur la concurrence sur les marchés de l'énergie".

Le feuilleton Endesa dure déjà depuis plusieurs mois, et alimente des accusations de protectionnisme envers le gouvernement espagnol.

Ce dernier, qui soutenait initialement la constitution d'un champion national de l'énergie unissant Endesa et Gas Natural, semble tout faire pour mettre des bâtons dans les roues d'E.ON. Quelques jours à peine après l'annonce de l'OPA du groupe allemand sur Endesa, Madrid avait adopté un décret-loi renforçant les pouvoirs de contrôle de la CNE. Le gouvernement Zapatero affirme seulement défendre les intérêts stratégiques de l'Espagne, faute de politique énergétique européenne commune

(photo: belga)

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