Siemens et Nokia créent un géant des réseaux téléphoniques

Le conglomérat industriel allemand Siemens et le finlandais Nokia vont regrouper leurs activités d'équipements téléphoniques.

(afp) Le conglomérat industriel allemand Siemens et son concurrent finlandais Nokia vont fusionner leurs activités d'équipements de téléphonie et de réseaux, ont-ils annoncé lundi, pour créer une entité qui pèsera quelque 16 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Nokia et Siemens auront chacun 50% de la nouvelle société, baptisée Nokia Siemens Networks, qui sera basée en Finlande et dirigée par Simon Beresford-Wylie, actuellement patron de Nokia Networks. La division Nokia Networks sera apportée à la nouvelle société ainsi que, du côté de Siemens, les activités de réseaux (carrier networks), abritées dans la division à problèmes de téléphonie Com. La fusion ne concerne que les infrastructures, et pas les téléphones portables, que Siemens pour sa part a déjà cédé l'an dernier. Les investisseurs saluaient la nouvelle. A 011H25 l'action Siemens grimpait de 8,15% à 67,93 euros à Francfort, et celle de Nokia de 4,28% à 16,32 euros à Helsinki.

"C'est une action positive pour Siemens, parce que cela va renforcer le positionnement de ses activités de réseaux dans un marché mondial actuellement en rapide consolidation", relevait Theo Kitz, analyste de la banque privée Merck Finck.La nouvelle société fournira des équipements et des services de réseaux pour les opérateurs de fixe et de portable, grâce à ses 60.000 salariés "à la fois dans les pays industrialisés et dans les marchés émergents", selon le communiqué. La fusion est "le meilleur moyen pour construire le portefeuille d'activités à la diversité et à l'échelle nécessaires pour faire face à la concurrence mondiale", commentait Olli-Pekka Kallasvuo, patron de Nokia.La fusion du français Alcatel et de l'américain Lucent, notamment, a accru la pression compétitive sur les acteurs du secteur.Nokia Siemens Networks sera numéro trois mondial du marché des infrastructures téléphoniques, après Ericsson et Alcatel/Lucent, avec une position très forte dans le domaine des infrastructures pour la téléphonie mobile (numéro deux mondial).Nokia et Siemens visent la conclusion de l'opération à la fin 2006, et un effet positif sur leur résultat par action dès 2007. En outre, les deux partenaires tablent sur des synergies de 1,5 milliard d'euros d'ici 2010.

Le communiqué évoque un "ajustement" du nombre d'emplois dans un ordre de grandeur de 10% à 15%. Un porte-parole a confirmé qu'en raison de doubles fonctions, des emplois allaient être supprimés dans les quatre années à venir. Les deux groupes ont ainsi donné corps à une rumeur récurrente de marché. De l'avis général des analystes, Siemens cherchait en effet depuis plusieurs mois un partenaire pour ses activités de réseau, et le nom de Nokia avait déjà circulé.Pour le conglomérat allemand, qui fabrique également entre autres des centrales électriques, des équipements médicaux et des trains, l'opération annoncée lundi est le premier pas de la restructuration très attendue de la division Com. Le groupe a indiqué vouloir "poursuivre activement la consolidation dans le secteur des réseaux industriels", l'autre composante principale de Com. Le patron de Siemens, Klaus Kleinfeld, a évoqué des "négociations sérieuses avec plusieurs partenaires potentiels" dans ce secteur.

Le SETCa craint que le centre de recherches de Siemens, à Herentals, ne connaisse une nouvelle restructuration dans le cadre de la fusion des réseaux de Siemens et de Nokia. Cette opération doit conduire à la suppression de quelque 9.000 emplois à travers le monde.

Si aucun indice concret ne vient pour l'instant appuyer les craintes du syndicat socialiste, ce dernier souligne que l'implantation d'Herentals emploie de nombreux intérimaires et consultants, qui pourraient être les premiers à passer à la trappe.

Quelque 700 emplois ont déjà été supprimés sur le site anversois. "Si une nouvelle restructuration y est menée, l'implantation passera sous le seuil minimum qui lui permet de fonctionner comme centre de recherche et de développement", a déclaré un représentant du SETCa.

De son côté, le syndicat chrétien se veut plus optimiste. "Tout va dépendre des activités avec Nokia: seront-elles complémentaires ou pas? Et où voudra-t-on développer les activités à l'avenir? Nous n'avons pour l'instant aucune réponse", a expliqué Marc Nijs.

(photo: nokia)

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés