UCB: les analystes parient sur un retard de deux ans du Cimzia

Les analystes qui suivent UCB estiment que le Cimzia, le "blockbuster" potentiel que visait spécifiquement le groupe belge en 2004 lorsqu'il a racheté le Britannique Celltech, sera commercialisé dans sa première indication (traitement de la maladie de Crohn) avec un retard d'environ 2 ans. Donc, au mieux, au cours du premier semestre de 2009.

(l'écho) Le management d'UCB, qui affirmait jusqu'ici mordicus vouloir lancer ce médicament en phase finale de recherche en 2007, a en effet annoncé, ce vendredi matin, via un communiqué de presse assez flou, le lancement d'une étude clinique supplémentaire, non prévue par le programme initialement approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) américaine.

Ce sera "soit une exigence précédant l'approbation, soit un engagement suivant l'approbation: cette question fait toujours l'objet de discussions avec la FDA", a tenté d'expliquer l'entreprise dirigée par Roch Doliveux, avant de reconnaître que la nouvelle étude, dont les résultats sont attendus "dans la seconde moitié de 2008" fera "vraisemblablement" partie des exigences de la FDA.

"Que cette étude n'ait pas fait partie du programme initial est étonnant, pointe Thibaut Rutsaert, analyste chez Degroof. J'ai interrogé UCB à ce sujet. Il semble qu'ils n'aient pas encore reçu les griefs officiels de la FDA, malgré une première lettre qui remonte à décembre et un contact récent, ce qui expliquerait la prudence de leur communication. Par ailleurs, UCB devrait faire face à de nouveaux interlocuteurs au sein de la FDA."

UCB a indiqué qu'elle répondra "fin avril" à la "Complete Response Letter" de la FDA, datée du 21 décembre dernier. "La FDA n'a soulevé aucun problème majeur, ni exprimé aucune inquiétude en ce qui concerne l'innocuité de Cimzia ou les aspects CMC (chimie, fabrication et contrôles), mais s'est intérrogée sur l'adéquation de la conception d'une étude", insiste le groupe coté, qui avait introduit sa demande d'autorisation à la FDA en février 2006, et espère obtenir une réponse à cette réponse de réponse "mi-2007".

De son côté, la Commission européenne, auprès de laquelle UCB avait déposé sa demande d'autorisation il y a un an, n'a toujours pas tranché, alors qu'une réponse était attendue par le marché pour "fin 2006".

"Un retard n'affecte pas seulement le timing des ventes, explique Christophe van Vaeck, analyste chez KBC. Cela réduit aussi la part de marché qu'UCB peut décrocher (Ndlr: surtout par rapport à l'Humira des laboratoires Abbott). Et pas seulement par rapport à la maladie de Crohn, mais probablement aussi pour les autres indications, qui ne bénéficieront pas du lancement précédent du Cimzia pour la maladie de Crohn."

Pour rappel, le Cimzia, qui est destiné à générer un chiffre d'affaires annuel de plus d'1 milliard de dollars à terme pour UCB, sur un marché évalué à 16 milliards d'ici 2014, n'est pas uniquement destiné à traiter la maladie de Crohn. Dans sa deuxième indication, le "certolizumab pegol" devrait également viser la polyarthrite rhumatoïde, ce qui poussera UCB à demander à la FDA avant la fin de l'année une autorisation de commercialisation spécifique. Enfin, l'efficacité de l'anti-corps contre le psoriaris pourrait être prouvée au cours du troisième trimestre de 2007.

"L'annonce du jour d'UCB est décevante mais ne change pas de façon significative le futur de l'entreprise, insiste Max Hermann (Fortis), comme d'autres analystes. Néanmoins, étant donné l'insistance avec laquelle le management se disait capable de lancer le Cimzia pour la maladie de Crohn aux Etats-Unis en 2007, elle va certainement endommager sa crédibilité à court terme."

Après avoir perdu plus de 8% à l'ouverture de la Bourse, le titre UCB reculait encore de près de 4%, vers 13h, à 45,28 euros.

Xavier Degraux

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Photo Belga

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