Acculée, Option choisit une autre... option stratégique

©Jan De Meuleneir

Quel avenir pour Option? La perle high-tech louvaniste, active dans les moyens de communications sans fil (modems, routers...) se débat dans d’inextricables difficultés qui l’on amené à annoncer hier une série de mesures d’urgence entraînant la suspension de la cotation du titre en début de matinée.

Bruxelles (L'Echo) - Tout ceci en marge de la publication de mauvais résultats trimestriels. «Ils sont décevants, surtout au niveau de la baisse du chiffre d’affaires», observe Nico Melsens, analyste chez KBC Securities. Entre juillet et septembre, les revenus ne se sont élevés qu’à 35,7 millions d’euros, contre 60 millions un an plus tôt à la même époque. La perte opérationnelle a atteint 6,7 millions (19 % du chiffre d’affaires…). Idem pour la perte nette qui est passée de 2,9 à près de 9 millions. Depuis le début de l’année, Option a vu son chiffre d’affaires diminuer d’un tiers à 127,7 millions et la perte nette atteindre 25,8 millions.

A la lecture de ces chiffres, on comprend mieux les mesures drastiques annoncées hier. D’abord une nouvelle diminution de coûts de 20 millions d’euros. Notamment via le licenciement d’un quart des effectifs de son QG de Louvain soit de 55 collaborateurs. L’ampleur de ces nouvelles coupes sombres a surpris les syndicats car elles suivent celles déjà réalisées en 2008 (215 emplois) et en mars dernier (38 emplois). «Notre critique d’une pression accrue sur le travail reste pertinente», déplore Sofie Vansweefelt à la CGSLB. Le coût de ce plan social, qui a entraîné le déclenchement de la procédure Renault, s’élève à 7 millions d’euros et impactera le résultat du 4ème trimestre. La société a aussi annoncé le rapatriement à Louvain de son centre de recherche de Kamp-Lintfort en Allemagne, la sous-traitance de certaines activités de hardware vers la Chine et une plus grande attention portée à la vente et au marketing

Deuxième mesure: une augmentation de capital de 20 millions d’euros. La capitalisation boursière de l’entreprise n'étant que de 54 millions, le capital sera donc fortement dilué. «Il faudra que le fondateur Jan Callewaert y souscrive massivement pour rassurer les investisseurs», estime Bart Jooris analyste chez BNP Paribas Fortis. Que fera Option du produit de cette opération? L’entreprise se contente d’indiquer qu’il sera affecté à la transformation de la société, plusieurs alternatives étant étudiées.

Option se prépare en effet à opérer un revirement stratégique; c’est la troisième annonce d’hier. Elle veut évoluer vers un modèle intégré, axé sur le conseil et les logiciels, en sous-traitant en Chine, le hardware. «La concurrence chinoise est très forte sur ce marché, c’est là que se situe son principal souci, observe Bart Jooris, et le fait qu’un géant comme Samsung s’y intéresse n’est pas une bonne nouvelle pour elle, Option doit donc se différencier à tout prix.»  Chez KBC Securities, Nico Melsens, estime que «la nouvelle orientation stratégique est a priori positive, mais il est difficile à ce stade de dire si elle portera ses fruits.»

Devenue trop petite dans un marché de plus en plus globalisé, Option est-elle opéable? A priori oui, mais, comme le soulignent les deux analystes, le CEO, ex manager de l’année en Flandre (c’était en 2005) a plus d’une fois répété qu’il n’était pas vendeur et qu’il soutiendrait son entreprise. Jusqu’à quand?

J.-F. S.

 

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