Airbus pourrait abandonner l'A400M

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Airbus pourrait finalement abandonner le programme A400M. Son patron ne croit plus à une poursuite du programme, et aurait commencé à préparer sa fin.

(afp) - Le patron d'Airbus, l'Allemand Thomas Enders, prépare l'abandon de l'avion de transport militaire A400M, dont le financement fait actuellement l'objet de négociations enlisées avec les pays clients, a rapporté mardi le quotidien allemand Financial Times Deutschland (FTD).

Selon le journal, M. Enders aurait déclaré lors d'un repas de Noël de la direction du groupe en décembre qu'il ne "croyait plus à une poursuite du programme", et aurait commencé à préparer sa fin. Des listes d'ingénieurs, qui seraient réaffectés de l'A400M à d'autres programmes de développement du groupe, sur l'A380 et sur l'A350, existeraient déjà, écrit le FTD.

Airbus et sa maison-mère, le groupe européen d'aéronautique et de défense EADS, négocient depuis plusieurs mois avec sept pays clients de l'avion, qui ont commandé un total de 180 appareils pour 20 milliards d'euros et auxquels le groupe demande de remettre au pot, les coûts de l'A400M excédant de plusieurs milliards d'euros les estimations initiales.

Selon le FTD, M. Enders estimerait les chances de succès de ces négociations à seulement 50%.
Et le patron allemand "n'est pas prêt à mettre en danger le segment aviation civile, qui se comporte bien, à cause de l'A400M", selon une source au sein de l'entreprise non identifiée citée par le FTD.

"Nous avons besoin d'une décision aussi vite que possible" pour l'A400M, a déclaré un porte-parole d'Airbus, interrogé par l'AFP, qui a dit espérer pouvoir "conclure les négociations de manière positive d'ici à fin janvier".
Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, avait déjà indiqué à la mi-décembre que les partenaires d'Airbus pour l'A400M se donnaient jusqu'à la fin du mois pour boucler ces négociations.

Refusant de commenter l'idée d'un abandon du programme, le porte-parole d'Airbus a rappelé une déclaration de M. Enders qui avait estimé en mars qu'il vallait mieux "une fin qui provoque des cris d'orfraie, que des cris d'orfraie sans fin".

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