Délesté de ses GPS, De Rouck veut retrouver le chemin des bénéfices d'ici 2008

La société belge de cartographie De Rouck Geomatics, qui était entrée sur Alternext il y a 8 mois avec l'aide de Leleux Associated Brokers à 9 euros par action, en levant 3 millions d'euros, notamment grâce au potentiel de ses GPS, a décidé... d'abandonner purement et simplement cette activité. Son objectif? Un retour aux bénéfices en 2008.

(L'Echo) C'est en tout cas ce qu'elle a annoncé ce vendredi en fin d'après-midi, par voie de communiqué, alors que son dernier conseil d'administration remonte à mercredi.

Pour rappel, la commercialisation de GPS devait permettre à la société aujourd'hui en difficulté, reprise en mains depuis janvier par Jean Gabriel (ex-Telenet, ex-Win), de trouver un relais de croissance à son activité traditionnelle (cartes papier), en déclin. Deux mois après l'IPO, en septembre, il est apparu que les GPS de De Rouck Geomatics souffraient du même syndrôme que ceux de Philips et de Michelin. "Trop petits, trop tard", a déjà pris l'habitude de répéter Jean Gabriel.

Mi-février, la PME tirait (enfin?) la sonnette d'alarme: en 2006, elle a enregistré une perte de 650 à 750.000 euros, alors que lors de son entrée en Bourse, elle tablait sur un bénéfice net de 580.000 euros. Un bon million d'euros de différence...

Au-delà du retard pris dans la mise en place des synergies envisagées entre De Rouck et Geomatics, les GPS étaient clairement montrés du doigt. La branche devait générer un chiffre d'affaires annuel d1,72 million d'euros. Et non 205.000 euros.

"Heureusement, nous avions été prudents, commente Jean Gabriel, qui n'a pas encore chiffré précisément le coût de cette étrange aventure, reportant du coup la publication des résultats consolidés du groupe d'un mois, à fin avril, après en avoir paraît-il informé la CBFA. Nous avions commandé un millier de GPS. Il nous en reste une centaine. (...) La solution la plus simple, la moins énergivore, ce n'est pas la revente, c'est l'abandon pur et simple, pour concentrer nos efforts sur le maintien de notre activité classique et sur le développement de nouveaux axes de croissance, comme le fleet management, où nous disposons d'avantages concurrentiels que je n'ai pas encore trouvés chez d'autres sur le marché."

L'arrêt de l'activité GPS ne devrait déboucher sur aucun licenciement. "Il n'y avait pas de personnel spécifiquement alloué aux GPS, glisse Jean Gabriel. En fait, c'est l'ensemble de la structure qu'il faut revoir."

Le patron "de crise", qui refuse ce vocable et a présenté les grandes orientations de son plan 2007-2008 mercredi dernier à son conseil d'administration, va désormais détailler dans un business plan précis les pistes retenues. Il les dévoilera d'ici un mois, en même temps que les résultats 2006 consolidés du groupe, "qui devraient être en ligne avec ceux annoncés mi-février", conclut-il.

Au fixing, ce vendredi, l'action De Rouck Geomatics valait 5,2 euros. Par rapport à la veille, c'est une hausse de 15,56%. Mais par rapport à l'entrée en Bourse, il s'agit d'un recul de près de 40%. Proportionnel au potentiel du GPS tel qu'il avait été vanté l'été dernier?

Xavier Degraux

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