Double opération "cosmétique" pour les filiales de Keyware

le CEO Stéphane Vandervelde

Augmentation, puis réduction du capital des deux filiales opérationnelles du groupe coté. Un gros nettoyage, sans communication externe.

Bruxelles (L'Echo) -   La société technologique cotée Keyware, qui fournit des solutions électroniques de paiement, présente une structure à trois têtes : la société faîtière Keyware Technologies et deux filiales opérationnelles détenues à 100% par le holding, Keyware Smart Card et Keyware Transaction & Processing.


Ce jour-là, les deux assemblées ont été convoquées en vertu de l'article 633 du code des sociétés, c'est-à-dire parce que l'actif net de chacune des deux filiales était devenu inférieur à la moitié du capital social. La loi prévoit qu'en pareil cas, les actionnaires soient appelés à approuver/désapprouver les mesures de redressement financier proposées par le conseil. En l'occurrence, Keyware Transaction & Processing a vu son capital augmenter de 700.000 euros (à 762.000) par apports en nature d'une créance en provenance de la société mère Keyware Tech. Le capital de la filiale a ensuite été réduit de 407.000 euros (à 354.000 euros) par apurement des pertes reportées au 31 décembre 2008. Même topo chez Keyware Smart Card, mais pour de plus gros montants : augmentation du capital de 3,2 millions d'euros (à  4,2 millions) par apports en nature  (créances fournisseurs, factures à recevoir et compte courant) en provenance de la maison mère ; puis réduction du capital de 4,1 millions (à 71.000 euros) par apurement des pertes cumulées à fin décembre dernier. Un gros nettoyage, en somme.

Voilà pour les faits. Aucun communiqué n'a été publié à ce sujet. Normal ? " Ce sont des opérations cosmétiques, répond le CEO Stéphane Vandervelde. Ces deux filiales enregistrent une forte croissance et sont toutes deux en bénéfice. " Tout en reconnaissant qu'elles ont affiché par le passé des " pertes considérables ", il souligne qu'elles se portent bien aujourd'hui : Ce n'est pas le signe qu'elles vont mal, bien au contraire, poursuit-il : elles dégagent du profit ces derniers trimestres, et même du profit net.

On consolide le tout au niveau de la société mère, qui n'a pas de revenus mais que des coûts, mais même à ce niveau, on dégage encore du cash-flow positif. "Et le niveau de capital des deux filiales devraient être satisfaisant pour les années à venir", estime-t-il encore.


Pas de problème particulier, aux yeux du gendarme du marché


Pour la Commission bancaire, financière et des assurances,  gendarme des marchés, il s’agit « d’une opération entre société mère et filiales à 100%», de sorte qu’ "au niveau consolidé, il n’y a rien de changé ». De plus, « le commissaire aux comptes avait déjà attiré l’attention précédemment sur le problème de la procédure d’alarme" (l’article 633 du code des sociétés, NDLR), souligne la porte-parole de la CBFA Veerle De Schryver. Il n’y a pas d’information privilégiée qui circulerait, et donc pas de problème particulier en matière de transparence.

Il ne s’agit donc en effet que de cosmétique, mais de cosmétique de l’alarme.

 

M.Lw.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés