Les retards de l'Airbus A380 n'ont pas affecté la Sabca

Le constructeur aéronautique belge Sabca, qui a des usines dans les trois régions du pays, a réalisé l'an dernier un bénéfice net de 3,69 millions d'EUR sur un chiffre d'affaires de 116,95 millions et un résultat d'exploitation de 5,37 millions. Assez pour proposer le versement de 1,25 million de dividendes (0,39 EUR net par action) à l'assemblée générale qui s'est tenue hier et qui a accepté cette proposition.

(l'écho) Comme toutes les entreprises liées à la production de l'Airbus A380, la Sabca a été handicapée par les retards pris par le programme, a rappelé le CEO Remo Pellichero. Qu'on en juge! Selon le calendrier établi, les ateliers de Haren avaient fourni 20 "planchers" (bas de fuselage à hauteur des ailes) en 2005, mais déjà plus que 10 en 2006. Et il n'y en aura que 7 cette année, avant de remonter probablement vers les 18 l'an prochain. Heureusement, la Sabca n'a pas mis tous ses oeufs dans le même panier et que la montée en puissance d'autres programmes a plus que compensé les déconvenues A380.

Ainsi, les bons résultats des 18 derniers lancements successifs d'Ariane 5 (en même temps que les déconvenues des concurrents Proton et SeaLaunch) propulsent (c'est le mot!) les commandes pour la fusée européenne. Sur le marché de l'aviation d'affaires, ce sont aussi les bons résultats de Dassault avec les séries Falcon (dont le F7X) et d'Airbus A330 qui autorisent des augmentations de cadence. Comme l'a expliqué hier Daniel Blondeel, le nouveau directeur général des Opérations, "2006 confirme notre retour à une situation plus favorable et porteuse d'avenir". Avec un carnet de commandes rempli pour trois ans et une trésorerie confortée, la Sabca se dit aujourd'hui confiante.

Cela dit, l'entreprise ne se laisse pas bercer par des illusions. Deux préoccupations occupent ses esprits. D'une part, la chute permanente du dollar et de l'autre, la pression continuelle sur les prix dans tous les secteurs. Il y a moins de six ans, l'entreprise était encore dépendante pour les deux tiers de son chiffre d'affaires de contrats de défense. Cette proportion a été réduite de moitié, malgré les augmentations de cadences sur le programme d'avion de transport militaire A400M, dont le premier vol est attendu pour 2008 et les premières livraisons en 2009. Cette diversification nécessaire vers le civil n'occulte pas les efforts à réaliser pour rester compétitif, un défi particulièrement aigu pour Sabca Limburg, mais où le plan de redressement se matérialisera dès cette année. Il s'avère toutefois que la spécialité de la filiale limbourgeoise en matière de composites demeure un secteur particulièrement porteur en aéronautique.

Signalons aussi qu'une assemblée générale extraordinaire a acté dans les statuts les conséquences de la nouvelle loi sur la suppression à terme des titres au porteur et sur un point qui paraît de détail. Désormais, le sigle officiel de la Sabca pourra être aussi bien S.A.B.C.A. (avec des points) que SABCA (sans les points). Pour les minuscules, la Sabca devra encore attendre...

Patrick Anspach

Photo Belga

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