Les théories d'Erik Geenen, extraits choisis

Erik Geenen

Belgacom? "Le prochain Fortis si on n'agit pas! Le dividende est bien trop élevé". Le délit d'initié de Didier Bellens? "Blanchi par Reynders via la marionnette Servais!" L'activiste, généralement qualifié de populiste par ceux qui en font les frais, n'y va jamais pas quatre chemins pour faire entendre sa voix.

Bruxelles (L'Echo) - Casquette verte vissée sur la tête ("Cette casquette n'a rien à voir avec ma couleur politique", précise-t-il toujours en guise de préambule, qu'on se le dise), Erik Geenen n'hésite jamais à prendre la parole aux assemblées générales, il est là pour ça.

Et généralement, il n'y va pas par quatre chemins. Chez GBL, il supplie Albert Frère de ne pas nommer Maurice Lippens administrateur. "Maurice Lippens a vendu du rêve, fait des choses graves, détruit Fortis et diffusé de fausses informations. Le conseil d'administration de GBL était manifestement trop occupé l'an passé pour le constater. Laissez tomber cette nomination et prenez vos distances, cet homme a manipulé l'opinion publique!"

Courtois, le président l'invite à ne pas refaire l'histoire, et se dit même prêt à "en parler en privé" (l'histoire ne dit pas si le petit conciliabule a bel et bien eu lieu).

Chez Belgacom il s'élève, au propre comme au figuré, contre un "dividende trop élevé". "C'est la preuve que Belgacom est la vache à lait de l'Etat et cela met en danger la stabilité financière de la société. C'est le prochain Fortis, il faut agir!"

Le délit d'initié de Didier Bellens? "Il s'est fait blanchir par (le ministre des Finances Didier) Reynders, via la marionnette (le président de la CBFA, Jean-Paul) Servais, c'est prouvé!", assène-t-il en brandissant le Standaard. "Ce ne sont pas de très gros montants mais c'est scandaleux pour un dirigeant!".

La nomination d'une ex-administratrice d'Electrabel? Il vote contre. L'audit des comptes par le réviseur Ernst & Young? Il a des doutes et vote contre aussi.

Il est comme ça, Erik Geenen, sans complexes et un brin fanfaron.

Avant, il avait l'habitude de réclamer une minute de silence à la mémoire de(s minoritaires de) la Banque nationale, même et surtout si ce n'était pas l'assemblée de la BNB.

Ses casquettes vertes, il les a estampillées "nbb4ever" ("Banque nationale pour toujours"), et il n'est pas seul à les porter puisque des admirateurs l'applaudissent toujours à chacuns de ses passages en force.

S'il le pouvait, le gouverneur Guy Quaden le ferait bien s'envoler en fumée tant ses questions l'agacent.

Tout aussi agacé, le patron d'Electrabel, Gérard Mestrallet, lui a quant à lui déjà demandé "d'avoir la politesse de s'exprimer en français". Pour le coup, ce n'est pas Geenen qui s'est pris une veste...

Les ennemis de cet activiste généralement qualifié de populiste par ceux qui en font les frais? "Ceux qui vous traitent comme des chiens", la "culture de l'élitisme", "l'égoïsme", nous avait-il expliqué dans une interview.

L'argent et le temps dont il dispose, il les doit à quelques jolis coups en Bourse (Petrofina et Driefontein notamment). Une passion découverte dès l'âge de 13 ans et transformée, après un long parcours qui va des chantiers d'ouvrier limbourgeois à un poste de directeur à la Banque De Maertelaere acquis grâce à la confiance de son agent de change.

Il affirme aussi tout à la fois "donner des conseils divers, représenter des minoritaires, offrir des services de relations publiques et même remettre des avis à des sociétés cotées. Pourquoi j'ai toujours trois GSM sur moi à votre avis? Vous voulez contacter la Sûreté de l'Etat? Tenez!"

Mais l'homme sait aussi rester léger. Ses interventions hautes en couleurs? "Tout cela reste un jeu hein!"


Jean-Yves Klein

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