Ubizen: Modrikamen mandaté par les minoritaires pour obtenir plus que 2,1 euros par action

L'avocat d'affaires Mischael Modrikamen a été saisi par plusieurs actionnaires d'Ubizen pour introduire devant la Cour d'appel de Bruxelles une demande de complément de prix dans le cadre du squeeze out opéré sur l'entreprise par Cybertrust, indique ce vendredi le bureau de l'avocat. Cybertrust, qui avait déclenché le squeeze-out le 8 mars dernier, offrait 2,10 euros par action et 0,576 euros par warrant K. Il détenait déjà 95,8% des titres d'Ubizen.

(l'écho) Pour rappel, Ubizen, la société louvaniste spécialisée dans la sécurisation des transactions sur internet, est discrètement sortie de la cote bruxelloise depuis le 22 mars dernier, suite au succès de l'offre de reprise lancée par le groupe américain Cybertrust. A l'issue de cette opération, Cybertrust, qui a décidé de troquer le nom d'Ubizen pour imposer le sien, détenait 72,33% des actions encore éparpillées dans le public jusque-là, soit 1.375.752 titres, ainsi que l'ensemble de ses 5.040 warrants K.

Maître Modrikam, qui rappelle qu'une demande de prix complémentaire devait obligatoirement être introduite avant le 3 avril, estime que "les méthodes et paramètres utilisés par l'offrant en vue d'établir un prix de 2,10 euros par action sont inadéquats et/ou totalement erronés, notamment au regard des excellents résultats de 2006 annoncés par Ubizen le 20 mars 2007 ainsi que des perspectives de l'entreprise".

Ubizen, ou plutôt Cybertrust, a dégagé en 2006 un bénéfice net de 6,84 millions d'euros (0,15 euro par action), sur un chiffre d'affaires de 42,32 millions d'euros, alors que la société, qui employait 197 personnes fin décembre (contre 225 un an plus tôt), avait essuyé en 2005 une perte nette de 2,69 millions d'euros, sur un chiffre d'affaires global de 38,83 millions. Et ce, alors que son exercice 2005 comptait non pas 4 mais 5 trimestres comptables.

Sur le seul dernier trimestre de l'année 2006, Ubizen a enregistré un bénéfice net de 6,98 millions d'euros (donc supérieur au résultat annuel), contre une perte de 0,21 million un an plus tôt, ainsi qu'un chiffre d'affaires de 13,92 millions d'euros (+41,8%). Le résultat brut trimestriel de la société ressort à 9 millions d'euros (+67%) et l'opérationnel à 3,71 millions (contre une perte de 0,19 million un an plus tôt).

Il y a peu, Ubizen s'attendait à un premier trimestre 2007 «comparable» à son dernier trimestre 2006.

La société louvaniste, qui avait été reprise en 2004 par Cybertrust, avait déjà fait l'objet d'une première offre de reprise, réouverte par la suite, des différentes participations minoritaires. Mais cette tentaive avait partiellement échoué. Pour rafler la mise et sortir Ubizen de la cote, Cybertrust devait non seulement détenir plus de 95% des titres Ubizen, ce qui était le cas, mais l'offre du groupe américain devait également avoir permis de récolter au moins deux tiers des titres encore en circulation.

Introduite en Bourse en 1999, en pleine folie "dotcom", le titre Ubizen, qui avait été sursouscrit plus de 75 fois et dont le cours avait immédiatement gonflé de plus de 700%, s'appelait à l'époque Netvision. Et il flottait alors fièrement sur feu la Bourse européen Easdaq.

Depuis 2001 et le crash des valeurs technos, Ubizen a beaucoup souffert, suscitant du coup les convoitises d'un consortium d'investisseurs (Ubidco), à qui Stijn Bijnens et ses proches avaient promis leurs titres... avant que Betrusted (rebaptisé Cybertrust entre-temps) ne se manifeste et ne se livre à une très jolie guéguerre médiatique.

Xavier Degraux

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Photo Belga

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