Ubizen sort de la cote... et change de nom

Ubizen, la société louvaniste spécialisée dans la sécurisation des transactions sur internet, est discrètement sortie de la cote bruxelloise ("Eurolist by Euronext Bruxelles") depuis le 22 mars dernier, a-t-on seulement appris ce week-end, via un placard publicitaire paru à la fois dans L'Echo et dans le Tijd.

(l'écho) Ce retrait boursier s'explique par le "succès" de l'offre de reprise lancée par le groupe américain Cybertrust. A l'issue de cette opération, Cybertrust, qui a décidé de troquer le nom d'Ubizen pour imposer le sien, détenait 72,33% des actions encore éparpillées dans le public jusque-là, soit 1.375.752 titres, ainsi que l'ensemble de ses 5.040 warrants K, précise l'encart paru dans la presse.

Cybertrust, qui avait déclenché le squeeze-out le 8 mars dernier, offrait 2,10 euros par action et 0,576 euros par warrant K. Il détenait déjà 95,8% des titres d'Ubizen.

"Depuis plus de deux ans, nos clients ont pris conscience des synergies dégagées par l'expertise et l'intelligence combinées de Cybertrust et d'Ubizen, a déclaré John Becker, le CEO de Cybertrust, via un communiqué publié sur le site de Cybertrust, vers lequel sont d'ailleurs automatiquement redirigés les visiteurs du site d'Ubizen. Les employés d'Ubizen font déjà pleinement partie de la famille Cybertrust, et maintenant que la fusion et l'intégration sont derrière nous, nous regardons vers l'avant pour continuer à livrer à notre base de clients une expertise et un service incomparables".

Le fondateur (en 1995) et actuel CEO d'Ubizen, l'autrefois très médiatique Stijn Bijnens, devrait continuer à travailler dans la maison, comme "Senior vice-president"... de Cybertrust.

La société louvaniste, qui avait été reprise en 2004 par Cybertrust, avait déjà fait l'objet d'une première offre de reprise, réouverte par la suite, des différentes participations minoritaires. Mais cette tentaive avait partiellement échoué. Pour rafler la mise et sortir Ubizen de la cote, Cybertrust devait non seulement détenir plus de 95% des titres Ubizen, ce qui était le cas, mais l'offre du groupe américain devait également avoir permis de récolter au moins deux tiers des titres encore en circulation.

Introduite en Bourse en 1999, en pleine folie "dotcom", le titre Ubizen, qui avait été sursouscrit plus de 75 fois et dont le cours avait immédiatement gonflé de plus de 700%, s'appelait à l'époque Netvision. Et il flottait alors fièrement sur feu la Bourse européen Easdaq.

Depuis 2001 et le crash des valeurs technos, Ubizen a beaucoup souffert, suscitant du coup les convoitises d'un consortium d'investisseurs (Ubidco), à qui Stijn Bijnens et ses proches avaient promis leurs titres... avant que Betrusted (rebaptisé Cybertrust entre-temps) ne se manifeste et ne se livre à une très jolie guéguerre médiatique.

Pour rappel, Ubizen, ou plutôt Cybertrust, a dégagé en 2006 un bénéfice net de 6,84 millions d'euros (0,15 euro par action), sur un chiffre d'affaires de 42,32 millions d'euros, alors que la société, qui employait 197 personnes fin décembre (contre 225 un an plus tôt), avait essuyé en 2005 une perte nette de 2,69 millions d'euros, sur un chiffre d'affaires global de 38,83 millions. Et ce, alors que son exercice 2005 comptait non pas 4 mais 5 trimestres comptables.

Sur le seul dernier trimestre de l'année 2006, Ubizen a enregistré un bénéfice net de 6,98 millions d'euros (donc supérieur au résultat annuel), contre une perte de 0,21 million un an plus tôt, ainsi qu'un chiffre d'affaires de 13,92 millions d'euros (+41,8%). Le résultat brut trimestriel de la société ressort à 9 millions d'euros (+67%) et l'opérationnel à 3,71 millions (contre une perte de 0,19 million un an plus tôt).

Il y a peu, Ubizen s'attendait à un premier trimestre 2007 «comparable» à son dernier trimestre 2006.

Xavier Degraux

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Photo belga

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