Euro Disney: un héritage intact 20 ans plus tard

Le 12 avril 1992, le parc de Marne la Vallée ouvre ses portes. Il fête aujourd'hui son anniversaire avec les fastes qui conviennent à son univers magique.

Succès commercial indéniable, Euro Disney, rebaptisé depuis Disneyland Paris, affiche des résultats financiers inégaux. En cause, le poids d'une dette générée par les investissements indispensables pour rester au top du secteur.

Le charme du monde enchanté de Mickey et ses amis imaginaires séduit-il toujours petits et grands? Plus que jamais apparemment. "En 20 ans, il y a eu une évolution de la place de Disney dans les intentions de famille en Europe, explique Yves Boulanger, Head of Communication chez Disney. Mais contrairement à Disneyland en Californie, le parc de Paris a toujours été une destination de courts séjours où l'on pouvait revenir régulièrement".

Un "Paris" gagnant

L'histoire européenne de la souris mythique débute dans les années 80. Suite au succès de Tokyo Disney, the Walt Disney Company envisage de dupliquer le modèle en Europe. Deux pays sont en lice: la France et sa région parisienne d'un côté, l'Espagne et Barcelone de l'autre. C'est finalement la capitale française qui l'emporte en 1987. Candidate idéale, Paris est un point d'attraction certain, sa région est centrale à toute l'Europe et de nombreuses raisons logistiques motivent également ce choix.

La construction débute un an plus tard. "C'était, avec le tunnel sous la Manche, l'un des plus grands chantiers d'Europe", se rappelle Yves Boulanger. Le 12 avril 1992, le parc Euro Disney ouvre ses portes. Il changera d'appellation pour devenir Disneyland Paris un an plus tard. "Mais aujourd'hui encore, beaucoup parlent d'Euro Disney lorsqu'ils évoquent le parc parisien", s'émeut Boulanger. C'est d'ailleurs toujours le nom de la société qui se cache derrière la gestion opérationnelle du parc.

Disneyland Paris est certainement une réussite commerciale. En 20 ans, il a accueilli plus de 250 millions de visiteurs. 6% d'entre eux proviennent de Belgique et du Luxembourg, ce qui représente par rapport à la taille de notre pays une jolie pénétration. Les Belges seraient même des milliers à avoir adopté le fameux passeport annuel Disney.

Des milliards investis

En revanche, les résultats du parc sont en dents de scie. "Le parc est très profitable d'un point de vue opérationnel, mais le poids de la dette fait qu'il est encore difficile d'atteindre l'équilibre", concède Yves Boulanger. Pour rester au top, le parc a toujours énormément misé sur ses infrastructures, son entretien constant et ses attractions et spectacles de renommée mondiale. Sur la période s'étalant de 1989 à 2010, un peu plus de 6 milliards d'euros privés pour 600 millions d'euros publics ont été investis.

"C'est une part de l'esprit Disney, explique Boulanger. Le souci du détail. On essaye d'aller toujours plus loin que ce à quoi le visiteur peut prétendre s'attendre. L'effet de surprise, qu'on appelle le 'Waw Effect', doit être très élevé parce que les attentes du public sont au moins aussi grandes". Pour ce dernier, les taux de satisfaction et de recommandation prouvent qu'il y a une vraie adhésion de la part des visiteurs à un "produit de qualité".

Pas question donc de décevoir. Pour souffler ses 20 bougies, Disneyland a sorti l'artillerie lourde. "Il a fallu deux ans pour rénover le parc", précise Boulanger. Il paraîtrait même que les tours du château ont été peintes à la feuille d'or 24 carats. Une par une. Il aura fallu pratiquement deux ans aussi aux équipes de Disneyland pour préparer le nouveau spectacle "Disney Dreams". "C'est plus qu'un spectacle de son et lumière. Il allie projections d'images, lasers, fontaines d'eau et effets pyrotechniques. C'est totalement inédit", exulte Yves Boulanger. Pas de nouvelles attractions puisqu'il s'agit d'un anniversaire et que par définition, il s'agit d'un événement ponctuel mais une nouvelle parade qui évoque l'héritage de Disney, qui laisse la magie intacte.

Plus qu'un parc d'attractions, le groupe Disney entend devenir une vraie destination européenne où l'on passe plusieurs jours. C'est dans cet esprit qu'il travaille au développement d'un projet d'écotourisme en partenariat avec le groupe Pierre et Vacances. "Village Nature sera une nouvelle destination basée sur le souci de l'environnement et le loisir", assure un Yves Boulanger, visiblement toujours conquis par l'univers magique de Disney.

Sarah Godard

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