Air Sarko One est opérationnel!

Le président français a pu inaugurer son nouvel avion pour la réunion du G20 à Séoul.

L’ETEC (Escadron de transport, entraînement et calibration) de l’Armée de l’Air française dispose désormais d’un avion long-courrier pour les déplacements présidentiels et ministériels. Nicolas Sarkozy ne devait pas être peu fier de l’inaugurer jeudi pour son déplacement à Séoul pour la réunion du G20. Il est vrai que jusqu’ici, la flotte de l’ETEC ne disposait que de petits gabarits, les plus "gros" étant des Airbus A319 peu pratiques pour des vols longues distances puisqu’ils devaient faire une escale au-delà d’une distance de 7.000 kilomètres. Cette fois, la Défense française dispose d’un Airbus A330-200 d’une autonomie de 12.000 kilomètres, acheté pour 28,6 millions d’euros à la société de leasing ILFC qui, avant cela, le louait à Air Caraïbes après avoir volé pour Swissair.

Facture salée

Ce sont les ateliers de Sabena Technics (groupe TAT) à Bordeaux qui se sont chargés de sa reconfiguration à partir du mois de mai 2009. Ensuite, l’avion a parcouru plusieurs dizaines de milliers de kilomètres (vers la Réunion ou Tahiti, notamment) pour les essais en vol destinés notamment à tester tous les systèmes de transmissions radio et de liaisons par satellites. La facture totale de l’investissement tourne autour des 176 millions d’euros, selon un rapport de l’Armée de l’Air, auxquels il faudra ajouter 49 millions pour l’entretien lors des trois premières années d’utilisation, puis 10 millions par an au-delà. Bien entendu, l’opposition de gauche a crié à la gabegie et à la mégalomanie du président, mais finalement, il n’y avait aucune raison que la France ne disposât pas de son long-courrier présidentiel (ou ministériel, voire royal), comme en ont d’autres pays tels l’Allemagne ou… la Belgique!

Évidemment, notre A330 de la Défense nationale ressemble à un avion "normal"; celui que l’on nomme Air Sarko One chez nos voisins, est un peu plus sophistiqué. Son aménagement est un "secret défense", mais grosso modo, il se déclinerait de la façon suivante. À l’avant, derrière le cockpit du biréacteur, se trouve la chambre à coucher avec lit double, cabinet de toilette et douche (pas de baignoire!). Ensuite, vient un bureau salon avec fauteuils et secrétariat et probablement le centre de communications pour toutes les liaisons y compris vers les commandements nucléaires. Au milieu, une salle de réunion (12 personnes), puis un espace médical et enfin une cabine pour une soixantaine de personnes en aménagement Business. Derrière, enfin, une classe Économique pour gardes du corps, équipages et autres. L’appareil est aussi équipé de leurres anti-missiles.

Air Force One

Évidemment, à côté du nouveau fleuron de la flotte présidentielle, le Boeing 747-200 d’Obama fait peut-être un peu vieillot (certains espèrent qu’il achètera un jour un Airbus A380, ce qui serait amusant). Toutefois, avec ses 370 m², c’est quand même toujours le plus bel avion d’affaires du monde. Ici, on y trouvera une chambre salon avec deux divans convertibles, un cabinet de toilette avec douche, un couloir pour les services secrets, une pièce médicale avec table d’opération et appareil de radiographie, une pharmacie (avec personnel ad hoc), un salon salle à manger, deux cuisines (pour servir cent personnes à la fois!), une salle de conférence insonorisée. À l’étage (c’est un 747!), il y a une autre salle de réunion, un espace de repos des équipages et le centre de communications sécurisées.

Ensuite, on sort de l’espace "White House" et on trouve diverses classes et sièges aux conforts différents selon les usages (services secrets, équipages, personnalités, invités, conseillers, journalistes…). "Air Force One", comme on le sait, est le nom donné à tout aéronef qui transporte le président américain (et "Air Force Two" pour le vice-président!). Mais lorsqu’il se déplace, d’autres avions le précèdent avec voitures blindées, ambulances, d’autres passagers (payants) et divers équipements. Et puis, il faudrait que Sarkozy sache avant de montrer son nouveau véhicule à Obama que celui-ci pourrait lui répondre: "Oui, mais moi, j’en ai deux!" En effet, deux 747 sont toujours disponibles pour le président américain !

Patrick Anspach

 

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