Anvers s'offre un joyau d'architecture

©Dominic Verhulst / Dotch.be

Le Museum aan de stroom ouvrira ses portes au public le 17 mai mais est déjà un succès.

C’est un fier paquebot qui a jeté l’ancre au bord de l’Eilandje, l’ancien quartier du port d’Anvers. Le nouveau Museum aan de stroom (dites le MAS) est une véritable invitation au voyage.
Dédié au port, à la ville mais aussi au monde, le MAS est "un musée pas comme les autres", pour reprendre les mots (en français) de son directeur Carl Depauw qui permet à Anvers de "retrouver ses quais après des années d’abandon et d’assumer son statut de ville portuaire".

Quinze années de travaux ont été nécessaires pour ériger cet impressionnant monument architectural signé par le bureau d’architectes néerlandais Neutelings Riedijk Architecten.
Conçu comme un gigantesque entrepôt en référence à la maison de commerce hanséatique qui occupait le site auparavant formé de containers empilés qui dressent une tour dont la spirale est dessinée par les façades en verre ondulé qui évoquent les vagues du fleuve. La façade est constituée de pierres indiennes que l’on retrouve à l’intérieur clivées à la main et décorée de trois mille petites mains la main est le symbole de la ville d’Anvers en aluminium.
Sur le parvis, "Dead skull" une gigantesque mosaïque de 1.600 mètres carrés réalisée par Luc Tuymans.

A l’intérieur, le "boulevard du MAS" monte en colimaçon du rez-de-chaussée jusqu’au dixième étage ou une terrasse offre un magnifique panorama sur la ville et le port.
Certaines des lourdes portes de bois sont équipées d’un hublot. La superstructure est apparente dans tout le bâtiment et revient comme un leitmotiv, d’étage en étage. Même le béton reprend la texture du bois. Les références fleuve, au port, à la navigation se retrouvent dans les moindres détails.

Première particularité, l’accès à ce boulevard est entièrement gratuit et accessible jusque minuit (22 heures, de novembre à mars). Le boulevard est également un espace qui accueille des projets artistiques, comme actuellement l’exposition de Anne-Mie Van Kerckhoven tandis que les œuvres de 80 jeunes artistes sont exposées dans les vitrines des escalators.

Collection de collections

Le MAS rassemble les collections des musées de l’Ethnographie, de la Marine, du Folklore, une partie de la collection de la Maison des Bouchers ainsi que la collection d’art précolombien de Paul et Dora Janssens-Arts. Cette "collection de collections" compte au total 470.000 objets dont 180.000 ne sont pas exposés.
Ils sont entreposés dans un dépôt autre particularité remarquable accessible au public. Les niveaux 4 à 8 présentent la collection permanente articulée autour d’un thème par niveau: Démonstration de puissance (le prestige et les symboles), Métropole (ici et ailleurs), port mondial (le commerce et la navigation), la vie et la mort (les hommes et les dieux, la vie et la mort (le sous- et le supramonde). Chaque niveau s’ouvre sur une salle d’introduction, totalement noire pour évoquer la mort, avec une projection d’image de bateaux bercés par le son de clapotis, pour annoncer le port.
A la sortie, une salle permet au visiteur de laisser une trace, sur un tableau, en glissant un message dans une bouteille ou en écrivant sur un papier de couleur suspendu au plafond.

Le niveau 3 est réservé aux expositions temporaires comme actuellement "Chef-d’œuvre au MAS", qui retrace l’évolution de la culture visuelle du Moyen-Âge à nos jours. Depuis cinq siècles, la ville occupe en effet une place importante sur la scène internationale de l’art visuel et de l’art contemporain.

Phénomène

Le MAS n’ouvrira ses portes au public que le 17 mai prochain et c’est déjà un phénomène. Le festival d’ouverture, qui se déroulera du 13 au 16 mai, compte quelques activités payantes et beaucoup d’activités gratuites pour lesquelles il est prudent de réserver. Un quart des tickets le sont déjà.
En outre, 17.500 tickets pour le musée autre particularité, ces tickets sont valables pour une journée avec la possibilité de sortir du musée et d’y revenir, ce qui arrangera les fumeurs, le tabac étant interdit dans tout le bâtiment ont déjà été vendus. Mieux encore, le chef doublement étoilé Viki Geunes a déménagé toute la brigade de son restaurant ‘t Zilte au 9e étage.

S’il n’ouvre que le 14 mai, il affiche déjà complet jusque fin juillet (il reste encore des places le midi). Le MAS semble avoir bien choisi son slogan: "il faut l’avoir vu".

par Didier Béclard

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