Elvis Presley et dollars, le duo très rentable

EPINGLE. Décédé en août 1977, Elvis Presley revient dans l'actualité pour deux ventes aux enchères.

Souvenez-vous, c'était en août 1977. Elvis Presley, le roi du rock'n'roll était découvert dans sa salle de bains. Mort. Victime d'une crise cardiaque. La fin tragique d'une star qui fut aussi l'incarnation d'une pompe à dollars extraordinairement lucrative pour son manager, Tom Parker, et l'entourage d'Elvis. Trois décennies plus tard, la légende est intacte auprès des fans du chanteur. De même que sa capacité à faire vendre.

Graceland, le paradis de Midas

La preuve? En 2009, Elvis Presley a généré des revenus de 55 millions de dollars. Le roi du rock, 33 ans après sa disparition, continue de (bien) faire vivre ses héritiers et toute une organisation basée sur la production de produits dérivés. Il suffit, pour s'en convaincre, de se rendre à Memphis, Tennessee, pour y découvrir l'exploitation faite autour du mythe. Dans cette banlieue de Memphis, où se situe le domaine de Graceland, la demeure des Presley, des boutiques, des musées, des restos ont été édifiés pour que les fans venus rendre hommage au chanteur dépensent sans compter. On y trouve tout ce qui peut exister à l'effigie du King. Du cendrier au t-shirt, en passant par les horloges avec les jambes d'Elvis comme aiguilles ou les coussins décorés, made in China. Et partout, des haut-parleurs qui diffusent la musique du chanteur pour amadouer les visiteurs. Quant au domaine, qu'on peut visiter sous bonne garde, il constitue le deuxième site touristique privé le plus visité aux Etats-Unis, après la Maison Blanche. Le nombre de visiteurs varie de 600.000 à 700.000 visiteurs par an. Tout bénéfice pour la société CKX, l'entreprise qui gère le site, et pour le secteur horeca qui doit loger et nourrir tout ce beau monde venu en pèlerinage sur les traces de l'idole. Ce symbole du rêve américain, né à Tupelo, Mississippi.

La vente honteuse…

On le voit, Elvis Presley rapporte beaucoup, beaucoup d'argent. Pas étonnant donc que certains essaient d'obtenir des miettes de l'empire financier Presley lors de ventes d'objets ayant appartenu à Elvis ou liés à sa vie. Ou à sa mort. Comme ceux qui devaient être vendus aux enchères ce jeudi à Chicago.Une maison d'enchères, Leslie Hindman Auctioneers, souhaitait, en effet, vendre les instruments médicaux utilisés lors de son autopsie et de ses funérailles. Des forceps, des gants de caoutchouc, un peigne, des pinceaux à lèvres ou des aiguilles. Des objets de très bon goût qui étaient proposés pour la somme de 14.000 dollars. Et si la vente a été supprimée, ce n'est pas pour des raisons éthiques. Non. Tout simplement pour éviter un éventuel procès, puisque les objets n'étaient pas authentifiés. Ils auraient servi ensuite pour un autre décès. Comme le souligne la porte-parole de Leslie Hindman Auctioneers, Mary Williams, "l'embaumeur à la retraite a décidé de remettre la collection à la maison funéraire de Memphis et à sa maison mère, Service Corporation International, dans le cadre d'une donation." Pour les amateurs de souvenirs macabres, il resterait en vente quelques babioles: un cintre, l'étiquette d'authentification du corps (accrochée à l'orteil d'Elvis le jour de son décès) ou le rapport de thanatopraxie. Une vente qui a choqué les millions de fans. Mais qui n'a pas étonné les spécialistes du showbizz. Pour eux, toute relique liée de près ou de loin à une star constitue, pour certains vautours, une façon de gagner un paquet de dollars. Même aux relents douteux.Pour l'anecdote, l'année passée une touffe de cheveux noirs d'Elvis était partie pour 18.000 dollars. Un jogging bien ordinaire, porté par Elvis avait été vendu, quant à lui, 212.588 dollars en 2009.À voir l'avidité de certains, on comprend aisément pourquoi le corps d'Elvis avait été rapidement rapatrié, après son inhumation, du cimetière public dans celui présent dans le domaine bien gardé de Graceland. Des menaces de vol du corps avaient été enregistrées.

… et celle pour les fans. Les vrais

Samedi prochain, le 14 août, aura lieu une autre vente.Moins abjecte que la précédente. Mais à coup sûr tout aussi juteuse pour ses organisateurs. Une séance destinée aux fans. Les vrais. Du moins ceux qui ont un compte en banque bien rempli. Mais après tout, on ne vit qu'une fois.On y trouvera tout un bric-à-brac d'objets d'Elvis. Son étoile de shérif, une Triumph TR-6, une moto, le premier contrat d'Elvis avec sa maison de disques, un piano de Graceland (estimé à un million d'euros)… Un inventaire à la Prévert qui va, sans nul doute, rapporter gros aux organisateurs. Lesquels s'attendent à un chiffre d'affaires record.
Quant aux fans aux revenus modestes, ceux qui n'ont pas les moyens de se payer un souvenir d'Elvis, qu'ils se rassurent. Ils pourront se consoler avec la sortie prochaine d'un nouveau disque, "Viva Elvis". Il reprendra ses chansons jouées devant le public de Las Vegas. Parions déjà que ce disque se retrouvera en tête des ventes aux Etats-Unis dans quelques mois. Le roi du rock est mort, vive le roi… dollar.

Philippe Degouy
philippe.degouy@lecho.be

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