Fraude aux centenaires

Le Japon est réputé pour afficher l'espérance de vie la plus longue. Mais des enquêtes ont prouvé que les deux prétendus doyens étaient morts depuis plusieurs décennies...

Les autorités japonaises ont révélé mardi que la prétendue doyenne de Tokyo avait en réalité disparu depuis des décennies, un fait qui survient quelques jours après une retentissante affaire de fraude présumée autour de la pension de veuvage du prétendu patriarche de la cité.

La semaine dernière, la police nippone a découvert à son domicile le squelette d'un homme décédé depuis plus de 30 ans, dont la famille est soupçonnée d'avoir perçu frauduleusement l'indemnité de veuvage en prétendant qu'il était vivant.

Mobilisés pour prendre contact avec les personnes les plus âgées afin d'éviter les escroqueries de ce type, les services sociaux ont voulu rencontrer celle qui était considérée comme la plus vieille femme de Tokyo, Fusa Furuya, 113 ans.

Se rendant à son domicile inscrit sur les documents de la capitale, ils n'y ont vu que sa fille, 79 ans, qui leur a expliqué n'avoir pas vu sa mère depuis 50 ans, selon l'agence Jiji Press.

Fraude généralisée?

Des responsables de la municipalité ont en outre fait part de la disparition d'un autre centenaire de Tokyo, théoriquement âgé de 102 ans. Un vieillard de 106 ans inscrit au registre d'un arrondissement de la ville de Nagoya (centre) est également introuvable.

"Dorénavant, nous voulons vérifier la situation des personnes âgées en les rencontrant face à face", a déclaré un élu de Tokyo, Ryo Tanaka.

Plus de 40.000 centenaires sont enregistrés sur les 127 millions d'habitants du Japon, un des pays où l'espérance de vie est la plus longue: 86,44 ans pour les femmes, record mondial, et 79,59 ans pour les hommes, cinquième rang planétaire.

Cette campagne nationale de vérification a été lancée après la découverte récente des restes d'un homme par des agents publics venus le féliciter pour son 111e anniversaire, un âge qui en faisait le doyen de Tokyo.

La famille de cette personne, Sogen Kato, a affirmé à la police qu'il s'était confiné de lui-même dans sa chambre il y a plus de 30 ans afin de devenir un "Bouddha vivant".

Quelque 9,5 millions de yens (82.000 euros) de pension de veuvage ont été versés sur un compte de M. Kato depuis le décès de sa femme il y a six ans, et une partie de l'argent a récemment été retirée de la banque, selon les médias.

 

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