John Lennon, la légende

Sa mort tragique à 40 ans a marqué la fin d'une époque et le début d'un mythe.

New York, lundi 8 décembre 1980 à 22 h 52, John Winston Lennon s’écroule au pied du Dakota Building, à côté de Central Park, sous les balles de Mark David Chapman, 25 ans à peine. Trente plus tard, les motivations de l’assassin dont la libération conditionnelle a été refusée à six reprises restent floues. Il ne s’est jamais vraiment justifié mais il semble qu’il considérait le chanteur milliardaire de "Working Class Hero", le pacifiste qui prônait le partage du monde par tous les hommes dans "Imagine", comme un traître à ses idéaux. Rideau sur l’un des artistes les plus créatifs du XXe siècle.
Au moment de son assassinat, l’âme damnée des Beatles, l’éternel rival de Paul Mc Cartney avec lequel il a écrit les plus grands tubes des Fab Four, sort de cinq années en retrait de la vie publique et musicale. Cinq années qu’il a consacrées à l’éducation de son deuxième fils, Sean, que lui a donné son épouse Yoko Ono. C’est l’heure du come-back pour Lennon qui enchaîne séances de photos et interviews pour la promotion de "Double Fantasy" qui vient juste de sortir. L’album écrit et chanté pour moitié par Yoko Ono et dont Lennon en avait dédicacé un exemplaire à Chapman le jour même, ne connaît pas un succès phénoménal. Après quatre coups de feu, "Double Fantasy" s’écoule en quelques mois à sept millions d’exemplaires à travers le monde et a été récompensé en 1981 du Grammy Award for Album of the Year.

Légende

"Tous mes étudiants connaissent 'Imagine', une chanson qu’on entend désormais dans les ascenseurs ou chez le dentiste, souligne dans une interview Robert Thompson, professeur de culture pop à l’université de Syracuse (État de New York). L’apogée des Beatles et de John Lennon soliste était passée quand il est mort, mais l’assassinat a mis un point final au rêve de voir les Beatles réunis et a immédiatement transformé Lennon en légende", tout comme James Dean, Elvis Presley ou Michael Jackson.

Chaque année, les fans se retrouvent le 9 octobre, la date de son anniversaire, et le 8 décembre dans un secteur de Central Park baptisé "Strawberry Fields" (champ de fraises qui fait allusion à la chanson des Beatles), au sol une mosaïque porte l’inscription "Imagine". À chaque passage de décennie, des hommages spéciaux lui sont également réservés, de Liverpool, sa ville d’origine, à New York, où il avait choisi de vivre à partir des années 70. Il y aura affluence en 2010 qui combine le 70e anniversaire de sa naissance avec le trentième de sa mort.
D’ailleurs, la maison de disque EMI a déjà sorti la grosse artillerie en novembre sous la forme d’un coffret contenant sept albums auxquels s’ajoute un double CD compilation des singles de Lennon. "EMI a bien fait les choses, estime Olivier Coatpont, directeur des produits éditoriaux de la Fnac, même si on éprouve une petite déception par rapport à la réédition de l’intégrale des Beatles sortie l’an dernier. C’est logique, la carrière solo de Lennon fut moins importante que celle du groupe mythique".
Ce double anniversaire verra évidemment son lot de sorties plus ou moins opportunes comme notamment cette copieuse (862 pages) biographie présentée comme définitive et signée Philip Norman que vient de sortir Robert Laffont. A noter également que Classic 21, of course, et La Deux consacreront une large part de leur antenne ce 8 décembre au plus énigmatique des quatre garçons de Liverpool.

There’s No business like show business

Même mort, John Lennon continue à vendre, Yoko continuant à entretenir la flamme. L’ex-Beatles figure en 5e place du classement "Forbes" des célébrités décédées gagnant le plus d’argent en tête duquel Michael Jackson a détrôné, à sa mort, l’inamovible Elvis Presley avec 17 millions de dollars en 2009. Le phénomène est connu et inhérent au show-business comme risque de le montrer, une fois de plus, l’album posthume de Michael Jackson qui sort de presse actuellement.
"Elvis continue à vendre, explique Olivier Coatpont, même si cela n’a rien à voir avec le moment de sa mort. Alain Bashung (décédé l’an dernier, ndlr) vend encore beaucoup. C’est une phase de plusieurs années. Ensuite, les anniversaires permettent de remettre l’artiste en lumière et ça marche. À partir du moment où on parle des gens, ça suit dans les magasins".

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