Joyeux Noël à l'économie locale!

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Plaisirs d'Hiver et le Village de Noël ont ouvert leurs portes, à Bruxelles et Liège.

Les rues, hier encore encombrées d'automobiles, brillent de mille feux offrant une voie royale aux piétons. Les petits chalets sortent des hangars et se remplissent d'artisanats, de marmites de vin chaud et autre tartiflette. Les "jingle bells" et "White Christmas" résonnent dans l'air. Pas de doute, la féerie de Noël a fait son entrée dans nos villes.
Les "Plaisirs d'hiver" ont ouvert hier leurs portes à Bruxelles entre la Grand-Place et le Marché aux Poissons. Il en va de même pour le Village de Noël sur les places du Marché et Saint Lambert à Liège.

Tradition et commerce

Et pourtant, il est bien loin le temps où s'organisaient en Allemagne et en Alsace les "marchés de Saint-Nicolas". Des marchés rebaptisés "Christkindlmarkt" (marché de l'Enfant Christ) sous la réforme pour lutter contre le culte des saints.

Certes la tradition instaurée en 1570 à Strasbourg et en 1628 à Nurenberg persiste, mais force est de constater qu'aussi féerique qu'ils soient ces événements sont surtout une aubaine pour les autorités et commerces locaux d'engranger de belles retombées économiques.Ce "renouveau" du concept date du milieu des années 1990. C'est à cette époque que de nombreuses villes européennes ont instauré leur propre marché de Noël agrémenté régulièrement d'une patinoire, d'une grande roue,…

L'échevin bruxellois du tourisme, Philippe Close, avait ainsi révélé l'an dernier une étude de l'ULB. Celle-ci avait conclu au fait que pour un investissement des pouvoirs publics d'une valeur de 500.000 euros (dont 300.000 euros de subsides de la ville) sur une facture totale de 2 millions, le marché de noël de Bruxelles avait en 2009 engendré des retombées directes de près de 23 millions d'euros.

"78% des non-Bruxellois et 48% des étrangers affirment être à Bruxelles uniquement parce qu'il y a Plaisir d'Hivers. On estime ainsi à 50% les retombées sur les commerçants, hôtels et restaurants bruxellois", indique Perrine Marchal, du cabinet Close.

On retrouve d'ailleurs dans la création de l'événement il y a huit ans, une volonté de la ville de doper son tourisme en période de fin d'année. En effet, très prisés par les hommes d'affaires tout au long de l'année, les hôtels avaient plutôt tendance à se vider à l'approche des fêtes.

À Liège, l'organisation repose sur l'ASBL Enjeu. "Le Village, qui en est à sa 24e édition, est autofinancé par la location de chalets et du sponsoring. La Ville intervient indirectement en soutenant la promotion et en établissant un programme d'illumination reliant la patinoire au Village", explique Pierre Luthers, directeur d'Enjeu.
À la genèse de l'idée, une volonté d'importer la tradition germanique de l'autre côté de la frontière. "Nous cherchions une idée pour le lancement de l'ASBL. Nous avons pensé au marché d'Aix-la-Chapelle avec la volonté de l'exploiter sous forme d'un village pour lui donner un aspect plus chaleureux. Donner en quelque sort le sentiment qu'on quitte la ville pour rejoindre un village", poursuit Luthers.

Dans toutes les langues

Et celui-ci de reconnaître que les 2 millions de visiteurs ne sont pas sans conséquences sur l'économie locale. "Il apparaît que 70% des visiteurs étrangers profitent de l'occasion pour visiter la ville. Notre marché est en effet repris parmi les marchés de Noël européens et visité par des tour-opérateurs", précise-t-ilLes Anglais voient en Liège une halte sympathique sur le trajet vers les marchés germaniques. Les Allemands y savourent la convivialité et l'ambiance latine et les Français apprécient le partage de la langue.

Le marché de Noël c'est en effet désormais une institution. Des plus grandes villes aux plus petits villages, chacun tente l'expérience.

Des voyagistes se sont même essayés à qualifier chaque marché. Stockholm est ainsi défini comme "chargé d'histoire", Vienne comme "traditionnel", Cologne, Nuremberg et Dresde comme "tradition et gourmandise". Bruxelles se voit lui apposer le titre du "plus original".
Outre le cadre établi dans l'une des plus belles places du monde, le concept unique d'une promenade de 2 km dans le centre historique de la capitale a de quoi séduire.

Dominique Liesse

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