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La Chine mise sur le football

Dans la foulée des transferts des Français Nicolas Anelka et Jean Tigana à Shanghai, de nombreuses stars du football sont courtisées par les clubs chinois pendant ce mercato d'hiver.

Si la Chine se targue d'avoir inventé le football vers 250 avant J.-C., elle n'a jamais brillé dans les compétitions internationales. Une seule qualification en phase finale de Coupe du monde en 2002. Mais aucun but marqué. L'équipe nationale aura même été humiliée lors de ses Jeux olympiques et devant son public, c'était en 2008.
La Chine a perdu dès le premier tour 2 à 0 face à la Belgique. Une équipe nationale médiocre et un championnat jalonné de scandales à répétition... Trop c'est trop pour Pékin qui décide de faire le ménage et de donner un peu de lustre au sport le plus populaire du monde dans la deuxième économie de la planète.

C'est Xi Jinping lui-même, l'actuel vice-président et futur numéro un, qui a personnellement assigné trois objectifs à son pays: que la Chine se qualifie, organise et remporte la Coupe du monde! Rien que ça... La date butoir est déjà fixée: ce sera 2026. En Chine, sport et politique sont intimement liés.

Bousculer le championnat national

En attendant, c'est du côté de la Super League - le Championnat national - que la révolution est en train de se jouer avec le transfert historique de Nicolas Anelka à Shanghai moyennant 226.000 euros par semaine, soit deux fois plus que son salaire à Chelsea, son précédent club. Charge à l'enfant terrible du football français de faire briller l'étoile du modeste club de Shenhua, présidé par le milliardaire Zhu Jun. À 45 ans, celui qui a fait fortune dans les jeux vidéo entend bousculer le championnat national.

Et c'est un autre Français, Jean Tigana, qui va désormais entraîner l'équipe de la capitale économique chinoise et l'emmener, espère-t-il, vers des sommets. La route est encore longue puisque Shenhua a terminé à 31 points du champion Evergrande la saison dernière, club qui s'est offert, il est vrai, Dario Conca pour 10,5 millions d'euros par an, l'année dernière. Désormais, il faudra donc compter sur les clubs de Shanghai, Guangzhou Evergrande, Dalian et quelques autres, dans le mercato. L'Ivoirien Drogba, l'un des joueurs les plus cotés de la planète, a même été approché par trois clubs de l'Empire du Milieu. Pour l'instant sans succès. La Chine, à l'image du Qatar, entend bousculer la planète football.

Un football gangrené par la corruption

Mais le travail s'annonce difficile et ce ne sont pas ces quelques têtes d'affiche qui sortiront de l'ornière, en quelques semaines, un championnat national marqué par des scandales à répétition.

Fin décembre, une soixantaine de joueurs de football, entraîneurs et arbitres ont ainsi défilé devant les tribunaux du pays. Accusés de corruption et d'avoir truqué des matchs. L'enquête aura duré deux ans et ils risquent de longues années de prison. Cette opération mains propres devrait créer un électrochoc dans le pays. "La corruption dans le football a terni l'image de ce sport en Chine et il était plus que temps d'y mettre un terme", a commenté l'Association chinoise de Football.

Un gros marché publicitaire

L'arrivée de stars dans le championnat est donc une aubaine pour les clubs qui espèrent doubler leurs audiences télévisées et les retombées publicitaires, et tourner ainsi la page des années noires. Shanghai et ses 20 millions d'habitants peine en effet toujours à attirer les foules dans son stade de 35.000 places. Avant la trêve hivernale les travées étaient aux deux tiers vides!

Le couple Anelka/Tigana devrait changer la donne dans le deuxième plus gros marché publicitaire au monde. En attendant l'émergence de stars "made in China" du ballon rond. Des sportifs qui ouvriraient alors toutes grandes les portes du marché chinois.

Un peu comme le géant Yao Ming avait popularisé le basket en Chine et médiatisé la NBA grâce à ses neuf saisons passées chez les Rockets sur les parquets américains. Depuis, la NBA a créé une franchise en Chine et diffuse ses matchs sur 51 chaînes de télévision du pays.

Par Stéphane Pambrun

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