Panos garde l'appétit

©RV DOC

La plus grande chaîne de sandwicheries du pays continue de croître. Son chiffre d'affaires a progressé de 12 % en 2011. La Wallonie reste une terre en friche.

Un croissant et un café pris au vol par les lève-tard qui n'ont pas eu le temps de déjeuner, un sandwich ou un quartier de pizza acheté au snack du coin et mangé sur le pouce: depuis bientôt 30 ans, l'enseigne Panos attire les accros du shopping qui ont un petit creux et les travailleurs qui n'ont pas le temps (ou l'envie) d'emporter leurs tartines au bureau ou à l'usine.

Le succès de la plus grande chaîne de sandwicheries du pays ne se dément pas au fil des années. En 2011, Panos a ainsi dopé son chiffre d'affaires de 12 %. Les 219 magasins du pays - tous indépendants - ont réalisé une recette globale de 83,5 millions d'euros. En ajoutant les 2,2 millions de revenus empochés aux Pays-Bas (13 points de vente) et les 215.180 euros de revenus du Panos de Luxembourg, la chaîne approche doucement de la barre des 90 millions d'euros.

Une croissance à deux chiffres en temps de crise, voilà qui n'est pas banal, a fortiori dans la restauration. L'explication est assez simple: en vendant des snacks chauds (feuilletés, quartiers de pizzas, panizzas...), Panos propose une solution moins chère que le menu du jour consommé au restaurant par les mordus des repas chauds.

Résultat: les snacks chauds représentent aujourd'hui environ 15 % du chiffre d'affaires de la société, filiale du groupe La Lorraine depuis 1991.

Pour parer les effets de la crise, Panos joue aussi la séduction, en multipliant les offres promotionnelles. "Cela réduit nos marges, mais nous compensons cette baisse en demandant des efforts supplémentaires à nos fournisseurs et en augmentant le trafic dans nos points de vente", explique Thomas Dusart, directeur du marketing et de la communication de la chaîne.

Un essor régulier

Bientôt trentenaire, Panos arrive à maturité. Le fruit d'un essor régulier qui s'est surtout concrétisé en Flandre et à Bruxelles.

C'est en 1982, à Ostende, que le premier magasin Panos se propose de vendre, à toute heure de la journée, du pain frais et des viennoiseries. Pourquoi Ostende? Parce que la cité balnéaire compte la plus forte concentration par habitant de boulangeries en Belgique. Si Panos perce à Ostende, il sera possible de le faire partout ailleurs, se disent ses concepteurs. Le pari est réussi au-delà de toute espérance.

Un an plus tard, Panos ouvre son premier magasin bruxellois à Ixelles. L'expansion sera alors régulière, avec des ouvertures dans les agglomérations les plus importantes. Dès 1984, Panos emploie au total 72 personnes et exploite 11 filiales: 5 à Bruxelles, 2 à Ostende, 2 à Anvers, 1 à Bruges et 1 à Gand.

Des partenariats sont développés petit à petit pour assurer la présence de la chaîne dans des lieux très fréquentés: les gares - 35 Panos Rail aujourd'hui - et stations de métros (7 Panos Metro), les stations-service (68 Panos Petrol dans les stations Q8), mais aussi les parcs de loisirs et les centres commerciaux.

L'offre se diversifie également. Pour cela, Panos recourt notamment au "cobranding", autrement dit l'association avec d'autres marques offrant, par exemple la garniture des sandwiches (le jambon Ganda, le fromage à tartiner allégé Philadelphia). Au total, Panos compte une dizaine de partenaires historiques. "Nous bénéficions de la notoriété additionnelle de ces marques, et nous leur apportons un échantillonnage permanent de clients pour leurs nouveaux produits", explique Thomas Dusart.

Nouveaux projets

Un bémol: l'essor de Panos touche surtout la Flandre (150 points de vente aujourd'hui) et Bruxelles (29 magasins). La présence en Wallonie, où Panos n'est arrivé qu'en 2005, reste faiblarde: la marque n'y dispose que de 40 points de vente, uniquement dans les gares et les stations Q8.

"Nous sommes toujours à la recherche d'un partenaire solide qui serait disposé à gérer des points de vente franchisés", précise le responsable de Panos.

Aujourd'hui, la société fourmille de projets. Des points de vente seront ouverts dans plusieurs pays d'Europe de l'Est (Tchéquie, Slovaquie, Pologne, Hongrie).

Dans l'immédiat, l'heure est à la diversification du côté des entreprises. D'ici deux mois, Panos ouvrira son premier point de vente dans un zoning industriel. Celui-ci sera installé dans un centre multi-services à Saintes.

De nombreuses salles de consommation seront également rénovées, avec un design totalement nouveau. De quoi attirer le chaland, espèrent les responsables de Panos, qui misent sur la notoriété de leur société. Aujourd'hui, plus de 90 % des consommateurs belges savent ce qu'est la marque Panos.

Par Luc Van Driessche

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