15 milliards d'économie pour l'Espagne

Un décret-loi qui compile des mesures d'austérités additionnelles pour 2010 et 2011 s'inscrit dans le cadre d'un plan plus vaste de 50 milliards d'euros d'économies jusqu'en 2013 et comporte plusieurs mesures particulièrement impopulaires.

(afp) - Le gouvernement socialiste espagnol a approuvé jeudi soir un décret-loi compilant des mesures d'austérités additionnelles pour 2010 et 2011 d'un total de 15 milliards d'euros, dont une baisse de salaires pour les fonctionnaires, a annoncé sa vice-présidente. Ces mesures d'austérité ont pour objectif "d'accélérer le processus" de réduction des déficits publics qui ont explosé à 11,2% du PIB en 2009 et que Madrid veut ramener à 3% en 2013, a déclaré Maria Teresa Fernandez de la Vega à l'issue du conseil des ministres.

Ce décret-loi, qui s'inscrit dans le cadre d'un plan plus vaste de 50 milliards d'euros d'économies jusqu'en 2013, comporte plusieurs mesures particulièrement impopulaires dévoilées la semaine dernière par le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero.
L'une des dispositions prévoit de réduire les salaires des fonctionnaires d'en moyenne 5% dès le mois de juin, puis de les geler en 2011.
Une autre mesure impopulaire prévoit le gel de la revalorisation de certaines retraites en 2011 et une troisième supprime une prime à la naissance de 2.500 euros.

Leur adoption a coïncidé avec le début des mobilisations des syndicats de fonctionnaires, qui se sont rassemblés devant des bâtiments publics dans tout le pays jeudi, et qui culmineront avec une grève de la fonction publique le 8 juin.

Les grandes confédérations CCOO et UGT n'excluent pas d'appeler à une grève générale.

"Il s'agit d'un grand effort, grâce auquel sans aucun doute, nous retrouverons le chemin de la croissance aux côtés de l'Europe", a estimé Mme de la Vega.

"Cet effort que nous demandons à tous les citoyens est un effort collectif et équitable", a-t-elle ajouté, soulignant que les retraites les plus basses ne seraient pas affectées et que la baisse des salaires des fonctionnaires serait plus ou moins élevée en fonctions de leurs salaires, s'échelonnant de 0,56% à 7% selon leurs revenus ou leur statut précis.

Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero et ses ministres s'infligent une baisse de salaire de 15%. Elle sera de 10% pour les secrétaires d'Etat.
La baisse des salaires des fonctionnaires entraînera une économie de 2,3 milliards d'euros en 2010, et 2,2 milliards en 2011, a déclaré la ministre de l'Economie Elena Salgado.

La gel de revalorisation des retraites en 2011 entraînera des économies totales d'environ 1,5 milliard d'euros.

La suppression de la prime à la naissance allègera la facture de 1,25 milliard d'euros.
Le gouvernement a adopté d'autres mesures affectant le régime des prestations dépendances, des pré-retraites ou de certains médicaments.
Le 12 mai, M. Zapatero avait franchi le Rubicon en annonçant ces mesures, alors qu'il avait jusqu'ici refusé tout tour de vis supplémentaire si cela impliquait de tailler dans les dépenses sociales.

Il avait cédé sous la pression des marchés et de ses partenaires européens, dans la foulée de l'annonce du plan massif de soutien aux pays les plus fragiles de la zone euro, doté de 750 milliards d'euros.
L'Espagne, avec ses déficits publics et de modestes prévisions de croissance pour les années à venir, est devenu un maillon faible de la zone euro pour certains investisseurs, et certains pays partenaires ont encouragé M. Zapatero à serrer un peu plus la vis.
Les comptes publics de l'Espagne ont connu "une dégradation qu'il était devenu nécessaire de corriger pour récupérer une croissance solide et durable", a expliqué, Elena Salgado.

Le gouvernement a revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2011, de 1,8% à 1,3% du PIB.

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