150 meurent dans un crash d'Airbus en Sibérie (update)

Environ 150 personnes ont été tuées, dont huit membres de l'équipage, dimanche matin dans l'accident d'un Airbus A310 russe qui s'est écrasé et a pris feu à l'atterrissage à Irkoutsk, en Sibérie, avec environ 200 personnes à bord, selon la cellule de crise locale. La catastrophe serait due à une panne du système hydraulique de commande des freins de l'avion.

(belga) 49 blessés, souffrant de traumatismes crâniens, de fractures, de brûlures ou d'empoisonnement par la fumée, ont été hospitalisés, mais 11 personnes n'ont pas eu besoin de soins médicaux, a indiqué la cellule de crise créée à la suite de l'accident.

Le nombre exact des occupants de l'appareil faisait l'objet d'informations divergentes, plusieurs heures après la catastrophe, variant selon les sources.

D'après l'aéroport moscovite de Domodedovo, d'où était parti l'avion, 193 passagers et 9 membres d'équipage se trouvaient à bord, soit 202 personnes au total. Le chiffre de 200 occupants avait été cité dans un premier temps.

Un porte-parole du ministère russe des Situations d'urgence à Irkoutsk, a indiqué à l'AFP au téléphone que 120 corps avaient déjà été retirés des décombres de l'appareil et que 10 personnes parmi les survivants étaient en réanimation.

Selon l'agence Itar-Tass, de nombreux enfants, qui allaient en vacances dans la région du lac Baïkal, figuraient parmi les occupants de l'Airbus.

L'accident est survenu vers 01h00 ce dimanche au moment de l'atterrissage à Irkoutsk de l'Airbus A310 de la compagnie Sibir, parti samedi soir de l'aéroport moscovite de Domodedovo.

L'avion est sorti de la piste au moment de l'atterrissage et a percuté un mur de béton, puis quelques constructions. Deux explosions ont alors été entendues et l'appareil a pris feu immédiatement. Ses réservoirs contenaient encore une tonne de carburant, a indiqué un correspondant local de la radio Echo de Moscou.

L'avant de l'appareil a été presque entièrement détruit, selon les secouristes. En revanche, dix passagers et une hôtesse de l'air ont pu quitter l'appareil par leurs propres moyens par la porte arrière, a dit la cellule de crise, qui a demandé à ceux qui ont quitté les lieux de la contacter pour pouvoir établir un bilan précis.

L'incendie n'a pu être éteint que trois heures plus tard, mais une épaisse fumée continuait à se dégager dimanche matin de l'épave de l'appareil, selon les images diffusées par les télévisions russes.

Des équipes de secours procédaient au découpage des restes de l'appareil pour en sortir les corps des passagers.

Le responsable local du ministère des Situations d'urgence a déclaré à l'AFP que plusieurs hypothèses étaient examinées quant aux causes de la catastrophe, dont une panne du train d'atterrissage au moment où l'avion a touché le sol et un incendie à bord avant l'atterrissage ayant mis les freins hors d'usage.

Le ministre des Transports Igor Levitine a pour sa part évoqué la piste rendue glissante par la pluie au moment de l'atterrissage. Le pilote a rapporté à la tour de contrôle que l'avion avait atterri, puis la communication a été interrompue, a ajouté le ministre.

Il a fait cette déclaration avant de quitter Moscou dimanche matin pour la Sibérie. Le président Vladimir Poutine a demandé qu'une commission gouvernementale d'enquête soit mise sur pied pour élucider les causes de l'accident.

Les deux boîtes noires de l'appareil ont été rapidement retrouvées sur les lieux, a rapporté Interfax. Elles devaient être envoyées à Moscou pour être décryptées.

C'est la deuxième fois, au cours de ces dernières années, que la région d'Irkoutsk est le théâtre d'une importante catastrophe aérienne. Le 3 juillet 2001, 145 personnes y avaient trouvé la mort dans la chute d'un TU-154.

C'est aussi la 2e grande catastrophe aérienne en Russie en l'espace d'un peu plus de deux mois. Le 3 mai dernier, 113 personnes avaient péri dans la chute d'un Airbus A320 de la compagnie arménienne Armavia, alors qu'il s'apprêtait à atterrir à l'aéroport de Sotchi (sud de la Russie).

Une panne de freins cause de la catastrophe

Une panne du système hydraulique de commande des freins de l'Airbus 310 est à l'origine de la catastrophe, selon une source au sein de la commission d'enquête citée par l'agence Ria Novosti.

"Les renseignements dont la commission dispose à l'heure actuelle montrent qu'après l'atterrissage et après que l'inverseur de poussée a été actionné, le système de freinage a cessé de fonctionner, et qu'ensuite les autres mécanismes du système de ralentissement sont également tombés en panne", a déclaré ce responsable, interrogé par téléphone par l'agence russe.

Il a précisé que l'appareil a commencé à freiner, avant que le système ne cesse d'agir.

Il a ajouté que les causes de la catastrophes seraient définitivement éclaircies après le décryptage des boîtes noires de l'appareil, fabriqué en 1987, et l'expertise technique des principaux systèmes concernés.

(photo belga)

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