1er mai: échauffourées à Istanbul, Castro absent à La Havane

(afp) Des échauffourées, des tirs en l'air de la police et des centaines d'arrestations ont eu lieu mardi à Istanbul lors des célébrations de la Fête du travail, marquée par des défilés à travers le monde et dont le président cubain Fidel Castro, toujours convalescent, a été absent.

Des incidents ont eu lieu à Macao, Téhéran et Berlin, mais c'est à Istanbul que les violences les plus graves se sont produites.

Dans plusieurs quartiers de la métropole turque, la police a tiré en l'air et a affronté avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau des groupes de manifestants armés de bâtons et de pierres. Ces derniers voulaient se rassembler, malgré l'interdiction des autorités, sur une place où trente quatre personnes avaient trouvé la mort il y a trente ans, le 1er mai 1977.

Le gouverneur d'Istanbul a annoncé l'interpellation de près de 600 personnes. Des syndicats ont dénoncé l'arrestation de six de leurs dirigeants et affirmé qu'une personne avait été grièvement blessée.

Ces heurts sont survenus dans un contexte de forte tension politique en Turquie, où un ministre issu de la mouvance islamiste se présente à la présidence. Cette candidature a provoqué une mise en garde de l'armée et d'énormes manifestations.

A l'autre extrémité de l'Asie, à Macao, un millier de personnes ont protesté contre l'immigration clandestine chinoise attirée par des emplois dans la capitale mondiale du jeu. Des débordements se sont produits et la police a tiré en l'air. Une personne a été vue avec une blessure au visage.

En Iran, quelques centaines d'ouvriers ont manifesté à Téhéran pour plus de justice et critiqué l'incapacité des autorités à améliorer leurs conditions de vie. La police anti-émeutes a dispersé les manifestants après des affrontements sporadiques.

En Allemagne, la police a arrêté 61 personnes dans la nuit de lundi à mardi à Berlin lors d'incidents. Le 1er mai donne chaque année lieu à des échauffourées dans la capitale allemande.

Ailleurs dans le monde, les rassemblements sont restés dans l'ensemble pacifiques.

En Italie, 100.000 personnes ont manifesté à Turin (nord), ville symbole de l'industrie italienne, pour dénoncer les accidents du travail qui font plus de 1.200 morts et 20.000 blessés chaque année dans le pays.

En Russie, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à l'appel des syndicats favorables aux autorités, des communistes nostalgiques de l'époque soviétique et de quelques partis d'opposition, sous la surveillance des forces de l'ordre.

Des centaines de travailleurs ont défilé pacifiquement dans les 36 Etats du Nigeria pour réclamer de meilleurs salaires et une amélioration de leur niveau de vie.

En Indonésie, des dizaines de milliers de personnes ont exigé une revalorisation des salaires et dénoncé les firmes étrangères qui exploitent selon elles la main-d'oeuvre locale.

En Corée du Sud, une manifestation a réuni des travailleurs du Nord et du Sud, pour la première fois depuis la division de la péninsule.

A Bangkok, environ 10.000 manifestants ont exigé l'augmentation du salaire minimum et le retour de la démocratie, sept mois après un coup d'Etat militaire.

Mais la Chine communiste a préféré se consacrer à ses traditionnelles vacances de printemps. Cent cinquante millions de Chinois étaient attendus dans les transports car la Fête du travail marque avant tout le début de l'une des trois grandes semaines de vacances de l'année.

A Cuba, le président Fidel Castro, en convalescence depuis son opération en juillet 2006, était absent des célébrations du 1er mai, qui ont rassemblé des centaines de milliers de Cubains à La Havane et des millions à travers le pays.

Au Venezuela, dans un message diffusé lundi à l'occasion du 1er mai, le président Hugo Chavez a annoncé le retrait du pays de la Banque mondiale et du FMI, qui sont selon lui des "mécanismes de l'impérialisme" pour exploiter les pays pauvres. Il a aussi annoncé une hausse de 20% du salaire mimimum.

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