1er mai: les syndicats français manifestent pour peser sur le futur pouvoir

(afp) Les Français ont manifesté par milliers mardi à l'appel des syndicats à l'occasion du 1er mai avec la volonté d'inscrire le social au coeur du second tour de la présidentielle, de nombreux manifestants dénonçant le programme "ultra-libéral" du candidat de droite Nicolas Sarkozy.

Selon le syndicat CGT (Confédération générale du travail), le plus important du pays, quelque 250 manifestations étaient organisées dans toute la France, avec une participation supérieure aux deux dernières années.

A Paris, beaucoup de participants du traditionnel défilé entre la place de République et celle de la Nation arboraient un autocollant "stop Sarko".

Les réponses de la socialiste Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy aux questions sociales "ne sont pas de même nature", a déclaré le dirigeant de la CGT Bernard Thibault, ajoutant craindre l'installation d'un gouvernement "largement acquis à la cause du (syndicat patronal) Medef" après les élections, visant M. Sarkozy sans le nommer.

Quel que soit le candidat élu dimanche soir, les rendez-vous sociaux seront nombreux dès juin: augmentation du salaire minimum et sommet gouvernement-partenaires sociaux en cas de victoire de Mme Royal, instauration d'un service minimum dans les transports en cas de grève si M. Sarkozy l'emporte.

Contrairement à la CGT, les syndicats CFDT et Force ouvrière (FO) écartaient "toute démarche partisane", ce qui ne les a toutefois pas empêchés de mettre M. Sarkozy en garde.

François Chérèque de la CFDT a affirmé que son syndicat défendrait "bec et ongles" la reconnaissance des syndicats dans les entreprises - un acquis de Mai 68 - dont Nicolas Sarkozy envisage de "liquider l'héritage".

Et le dirigeant de FO Jean-Claude Mailly a mis en garde contre un "effet boomerang" en cas de réformes sociales prises "à l'arraché" par le nouveau pouvoir dès juillet.

M. Sarkozy a souligné mardi que ce n'étaient "pas les manifestants qui font le programme électoral des candidats" et que le calendrier de la démocratie politique ne pouvait "pas être bafoué par le calendrier syndical".

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