200 morts à Bombay, les soupçons se portent sur les islamistes

La police indienne pointait du doigt les rebelles islamistes mercredi au lendemain des attentats qui ont fait au moins 200 morts dans la capitale financière de l'Inde Bombay, alors que le Premier ministre indien Manmohan Singh appelait les Indiens au calme et à l'unité.

(afp) Le dernier bilan de ces attentats, qui ont frappé mardi soir à l'heure de pointe de manière quasi-simultanée trains et gares de Bombay et de sa banlieue, a atteint 200 morts et 714 blessés, selon R.R. Patil, l'adjoint au chef du gouvernement de l'Etat du Maharashtra, dont Bombay est la capitale. Ces attaques, parmi les plus meurtrières dans le monde depuis la fin des années 70, n'ont pas été revendiquées. Déjà les soupçons se portaient sur des groupes rebelles islamistes, comme cela avait été le cas après les attentats également quasi-simultanés de Bénarès, dans le nord du pays, en mars (23 morts) et de New Delhi en octobre (66 morts).

"Le mode opératoire semble similaire à (celui utilisé) par le Lashkar-e-Taiba", un groupe extrémiste islamiste actif au Cachemire indien en proie à une insurrection séparatiste depuis 1989, a déclaré P.S Pasricha, chef de la police régionale. "Je ne peux pas dire catégoriquement que c'était eux car les rapports (des experts) ne sont pas encore arrivés", a-t-il cependant ajouté, évoquant également la possibilité que ces attentats soient l'oeuvre de groupuscules régionaux liés à un groupe plus important. Des sources haut placées des services de renseignements citées par The Times of India, ont indiqué que la police enquêtait sur les liens entre le Lashkar et un groupe islamiste indien interdit, le Students' Islamic Movement of India (SIMI).

Le Lashkar, interdit au Pakistan et en Inde, avait été accusé ou soupçonné par la police indienne d'être à l'origine des attentats de New Delhi et de Bénarès et de l'attaque contre le Parlement fédéral en décembre 2001 à l'origine d'une crise majeure entre l'Inde et le Pakistan. "C'était une opération bien coordonnée et bien préparée et il semble qu'une puissance importante soit derrière tout cela", a commenté K.P. Raghuvanshi, le chef de la brigade antiterroriste de la police de Bombay. Au Cachemire indien, le Lashkar a rejeté ces allégations et condamné ces "massacres". Le plus grand groupe islamiste actif dans ce territoire, le Hizbul Mujahedin, a également affirmé n'être pas impliqué dans ces attaques.

L'Inde et le Pakistan se disputent le Cachemire depuis la partition de 1947 et New Delhi accuse Islamabad d'aider matériellement les rebelles islamistes à opérer dans la partie indienne du territoire. Le Pakistan a toujours réfuté ces allégations. Plusieurs analystes ont estimé que ces attentats visaient à porter un coup à l'économie et à attiser les violences entre hindous et musulmans. Mais le Premier ministre Manmohan Singh a prévenu, lors d'une adresse à la nation, que "personne ne peut mettre l'Inde à genoux" et appelé les Indiens à l'unité.

photo belga

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