La croissance économique n'est pas une fin en soi

Le président de la banque centrale des Etats-Unis (Fed), Ben Bernanke, a estimé samedi que la recherche de la croissance du PIB n'était pas une fin en soi.

(afp) - "Le PIB, en lui-même, n'est pas l'objectif ultime de la politique, de la même manière qu'une augmentation de salaire pourrait ne pas être à elle seule une bonne raison pour changer de travail", a déclaré M. Bernanke à l'occasion d'une remise de diplômes à l'Université de Caroline du Sud, à Columbia, capitale de cet Etat du Sud-Est des Etats-Unis.

"Bien que le revenu contribue au bien-être, la partie de la science économique qui s'intéresse au bonheur est un antidote utile à la tendance qu'ont les économistes à se concentrer exclusivement sur les déterminants matériels du bien-être collectif, tels que le PIB", a ajouté M. Bernanke, selon le texte de son allocution distribué à la presse.

"S'il est ambitieux de chercher à obtenir des mesures du bien-être humain, la tâche n'est pas impossible"
, a ajouté le patron de la Fed, institution chargée, de par ses statuts, de rechercher le plein emploi dans un climat d'équilibre des prix.

M. Bernanke a relevé les efforts de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et des Nations unies "pour faire en sorte que la politique économique mette l'accent sur l'amélioration du bien-être humain entendu au sens large", faisant notamment référence aux Rapports sur le développement humain publiés chaque année par l'ONU.

Les propos du patron de la Fed rejoignent les conclusions de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social mise en place par la France et présidée par le professeur américain Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel d'Economie en 2001.

Dans son rapport remis en septembre au président français Nicolas Sarkozy, cette Commission recommandait que "le système statistique mette davantage l'accent sur la mesure du bien-être de la population (plutôt) que sur celle de la production économique". Selon ce document, le PIB n'est "pas erroné en soi, mais utilisé de façon erronée".

M. Stiglitz avait alors estimé que la quête de la croissance économique, mesurée par le PIB pourrait conduire à "aggraver" les difficultés économiques d'une population: "Quand vous avez les mauvaises mesures, vous vous battez pour les mauvais chiffres".

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