Positions des grandes puissances et organisations internationales

(L'Echo) - Positions des grandes puissances et organisations internationales

L'Union européenne est divisée sur l'attitude à adopter vis-à-vis de la Russie. Mais elle va devoir dépasser ce clivage, comme l'indique Laure Delcour, directrice de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris, Paris) :" La réponse européenne ne peut pas se limiter à de l'aide humanitaire. Ce conflit est frontalier. L'Europe ne peut pas se permettre d'être inefficace comme elle l'a été dans les Balkans." C'est ce que tente de faire la France, qui préside le Conseil de l'UE, mais il n'est pas certain qu'elle parvienne à être réellement influente :" L'Europe n'a jamais eu d'influence dans le Caucase, contrairement aux Etats-Unis et à la Russie, et elle n'est pas unie", souligne Laure Delcour. Il va donc falloir trouver un consensus entre les pays anti-russes (Pologne, Pays Baltes, Suède), les pro-russes (" Nous sommes proches de Poutine", a notamment fait savoir le Ministre des Affaires étrangères italien Franco Frattini), et le marais. Une chose est claire : la médiation américaine proposée par Tbilissi est inacceptable pour Moscou, cela pèse en faveur de la diplomatie européenne. Quant à la France, elle entretien de bonnes relations avec la Russie et elle n'a pas pris position, ce qui devrait aider le Président Nicolas Sarkozy - attendu aujourd'hui à Moscou et à Tbilissi - à finaliser un accord de cessez-le-feu.

La position américaine est très différente. Les Etats-Unis ont clairement manifesté leur soutien à la Géorgie. Le vice-président Dick Cheney a estimé que " l'agression russe ne peut rester sans réponse", et les Américains ont aidé au rapatriement des troupes géorgiennes déployées en Irak vers l'Ossétie du sud. Moscou s'en est indigné :" C'est une honte que certains de nos partenaires ne nous aident pas mais cherchent à nous gêner ", a lancé le Premier ministre Vladimir Poutine.

L'Otan, à laquelle Tbilissi demande depuis longtemps d'adhérer, reproche à la Russie de faire un usage excessif de la force. Pour le secrétaire général Jaap de Hoop Scheffer, les actions militaires russes observées depuis samedi vont" bien au-delà de l'opération de maintien de la paix de la CEI" que la Russie mène dans la région depuis la trêve décrétée en 1992.

Le conseil de sécurité de l'ONU se réunissait à nouveau, hier. Comme l'a rapporté l'AFP, les diplomates occidentaux " redoublaient d'efforts" pour tenter de mettre au point une résolution demandant un " cessezle- feu immédiat", les Américains faisant pression pour qu'un langage fort soit adopté envers Moscou.

L'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) va envoyer une mission en Ossétie du sud, avec la bénédiction de Moscou. Son influence dépendra de son cahier des charges et de la bonne volonté russe.

Quant à la Russie, elle a toujours eu une position ambiguë, vis-à-vis des provinces séparatistes de Géorgie. Mais la force de sa réaction et l'immobilisme du reste du monde la confortent dans sa position de puissance crainte. En outre, ce conflit était un premier test pour le président Dmitri Medvedev, qui a dû faire démonstration de sa capacité de réaction en l'absence de son Premier ministre et mentor,Vladimir Poutine, à Pékin.

F.R. 

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