Accélération de la croissance au Japon

La croissance du Japon accélère à 1,2% du PIB grâce à une demande intérieure revigorée et des exportations solides. Au printemps 2009, l'archipel avait mis fin à sa plus sévère récession de l'après-guerre. L'économie nippone s'était malgré tout affaissée de 5,2% sur l'ensemble de l'année 2009.

Bruxelles - (AFP) - La croissance du Japon s'est accélérée au premier trimestre 2010, à 1,2 pc du produit intérieur brut, grâce des exportations solides et une demande intérieure revigorée, a annoncé le gouvernement jeudi, permettant à l'archipel de rester deuxième économie mondiale devant la Chine.

Il s'agit du quatrième trimestre consécutif de croissance pour le Japon, qui avait mis fin au printemps 2009 à sa plus sévère récession de l'après-guerre. L'économie nippone s'est affaissée de 5,2% sur l'ensemble de l'année 2009, la reprise de la seconde moitié de l'année ne permettant pas de compenser un début catastrophique.

Au premier trimestre 2010, la croissance a été tirée par la consommation intérieure privée, conjuguée à des exportations toujours vivaces vers l'Asie et notamment la Chine, le premier partenaire commercial de l'archipel.

D'une part, les autorités nippones ont multiplié les mesures de soutien à la consommation des ménages, comme des incitations à l'achat de véhicules "propres" ou d'appareils électroménagers. La Banque du Japon maintient également son taux directeur à 0,1% depuis décembre 2008, favorisant les emprunts des entreprises pour investir.

D'autre part, les exportations nippones ont été en nette hausse de 6,9%, ce qui a permis de soutenir fermement la croissance, grâce à la forte reprise économique des pays asiatiques, et notamment de la Chine.

embellie temporaire?

Pour le deuxième trimestre, les analystes se montrent par contre très prudents.Takeshi Minami, économiste à l'institut de recherche Norinchukin, estime que la "croissance va ralentir entre avril et juin". Il souligne que la hausse des dépenses de consommation "ralentit", que les exportations de l'archipel "ressentent l'impact du yen fort" et que la Chine "semble vouloir resserrer sa politique économique".

Restant à un niveau élevé face au dollar, autour de 92 yens, la devise nippone a récemment bondi face à l'euro, qui a chuté en quelques semaines de plus de 130 yens à moins de 115 yens à cause des problèmes budgétaires de pays de la zone euro. Or, un yen trop fort nuit aux exportateurs nippons, en réduisant leurs profits rapatriés de l'étranger.

L'économie japonaise reste aussi engluée dans la déflation, un phénomène de baisse des prix qui ruine les perspectives de bénéfice des entreprises et dissuade les investissements.

En outre, certaines des aides à la consommation devraient prendre fin prochainement et le gouvernement de centre-gauche a réduit ses investissements dans les travaux publics, limitant sa contribution directe à la croissance.

Le Japon est resté la deuxième économie mondiale devant son voisin au terme du premier trimestre, mais de peu. A la fin mars, le produit intérieur brut (PIB) du Japon s'est élevé à l'équivalent 1.294,981 milliards de dollars, contre 1.180,287 milliards de dollars pour la Chine.
Les analystes prévoient toutefois que la Chine passera devant le Japon en 2010 ou 2011 grâce à sa croissance vigoureuse et deviendra la deuxième économie mondiale, derrière les Etats-Unis.

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